Berlin 2016 | The End

« The End », ce film étrange de Guillaume Nicloux, met en scène Gérard Depardieu dans un quasi-huis-clos de la taille d’une forêt.

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The End, par Guillaume Nicloux
Gérard Depardieu. Image © Les films du Worso - LGM Films.

Ayant récemment annoncé que The End ne sortirait pas dans les salles de cinéma pour le grand public mais qu’il serait en fait disponible à la demande sur des plateformes de streaming, tels que celles de TF1, Guillaume Nicloux tente le pari ambitieux de suivre avec sa caméra Gérard Depardieu pendant presque une heure et demie. Le résultat n’en est pas forcément une expérience agréable.

Nous suivons une journée dans la vie du personnage de Gérard Depardieu, résident solitaire dans sa maison dans la campagne, qui s’en va à la chasse avec son chien fidèle. Habitué des lieux, l’homme et son compagnon canin se perdent dans l’immensité étouffante de la nature. Séparé de son chien, les évènements prennent rapidement des tournures étranges et potentiellement dramatiques, le protagoniste cherchant frénétiquement d’autres humains dans cette forêt, sans se demander si c’est une bonne chose.

Perdu dans la magnifique forêt de Fontainebleau en Seine-et-Marne dans ses décours dignes des tableaux de René Magritte, The End trouve son origine dans un rêve dont était sujet le réalisateur Guillaume Nicloux. Ayant tout juste fini leur collaboration sur Valley of Love, The End s’est donc produit très rapidement avec Sylvie Pialat et ce destiné à être distribué rapidement en vidéo à la demande. C’est dommage, car l’immersion visuelle et sonore dans une salle de cinéma et un grand atout, le seul d’ailleurs, que procure cette excursion dans la verdure. Je ne suis pas convaincu qu’on puisse retirer la puissance de l’image et des couleurs, maîtrisées parfaitement par Nicloux, sur un écran d’ordinateur ou dans son salon.

Le Blanc-seing, par René Magritte (1965)
Le Blanc-seing, par René Magritte (1965)

En effet, la caméra ne lâche jamais Gérard Depardieu, qui n’a plus la force ni le charisme de tenir un film tout seul. De ses projets récents, Saint Amour lui convient bien mieux car il y partage la vedette, mais le temps rattrape indéniablement ce monument du cinéma français et mondial, dont le talent n’est visible dans The End que par de trop rares moments éphémères.

La musique joue aussi un rôle beaucoup trop prépondérant et nous dicte presque comment réagir, tant le scénario est fragile. Après 30 minutes, à savoir un tiers du film, les choses deviennent vraiment étranges et le plus grand attrait de The End devient rapidement le brûlant désir d’arriver à la fin de la pellicule pour trouver une explication. Et quelle déception cela fut.

Bizarre, surréel, dénué de sens, l’épilogue de The End m’a fait penser que Guillaume Nicloux ne savait pas comment terminer son film, et qu’il a souhaité montrer au public deux scénarios différents. Pour une œuvre si proche de la nature, il ne faut pas demander à chercher du sens dans ce qui est projeté, mais j’ai passé beaucoup trop de temps à me demander « Pourquoi il a fait ça? ». En même temps, je ne suis pas réalisateur de cinéma, mais je me réjouissais d’enfin voir The End à la fin.

Noté : 2 / 5

Bande-Annonce

Casting

Gérard Depardieu
Swann Arlaud
Audrey Bonnet
Didier Abot
Xavier Beauvois

Détails

Date de sortie en Suisse: À la demande
Réalisateur: Guillaume Nicloux
Pays de production: France
Durée du film: 85 minutes
Genre: Drame

(Images droits réservés)

REVIEW OVERVIEW
Noté
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J’ai obtenu en septembre 2013 mon Master de HEC Lausanne et je m'occupe ainsi de la majorité de l'aspect commercial et partenariats du webzine. C’est avec enthousiasme que j’ai rejoint David, Hervé et Sven en mai 2014 pour créer Le Billet, et je me réjouis d'y contribuer dans la durée!