X-Men: Apocalypse

Après Deadpool, l’univers cinématographique des X-Men s’étend avec "X-Men: Apocalypse", en conclusion de la trilogie « préquel » de Bryan Singer.

0
1821
X-Men: Apocalypse, par Bryan Singer
Image © 2016 Twentieth Century Fox Film Corporation. Droits réservés.

Je vous gâche immédiatement tout suspense: je pense que ce film est mauvais. Occasionnellement moyen, souvent médiocre, mais jamais bon. J’ai passé l’écriture de cet article à me demander comment a-t-on pu en arriver jusqu’à là.

Après la mission réussie de Wolverine dans Days of Future Past et la réécriture de l’Histoire de la planète, nous suivons la naissance de l’école pour mutants du Professeur X (James McAvoy). Jean Grey (Sophie Turner) et Scott Summers (Tye Sheridan), deux enfants particulièrement puissants, y sont accueillis et encadrés par Hank McCoy (Nicholas Hoult), tandis que Mystique (Jennifer Lawrence) aide les mutants à travers le monde et Magneto (Michael Fassbender) tente de construire une vie paisible. C’est d’ailleurs le monde entier qui sera en danger avec le réveil d’En Sabah Nur (Oscar Isaac), un mutant surpuissant âgé de plus de 2000 ans qui se croit destiné à régner sur Terre.

Ayant replacé la barre si haut suite au magnifique Days of Future Past, Bryan Singer réalise avec Apocalypse un film des plus décevants, des plus génériques et des plus apathiques imaginables. Aucun aspect du film n’est rédempteur, et X-Men: Apocalypse se rapproche dangereusement de la zone de qualité des Transformers tant le produit final n’est qu’une couche de visuels et d’effets, qui sont davantage diversion que divertissement.

Admettons qu’après Days of Future Past, tous les éléments des films X-Men originaux appartiennent désormais à une histoire alternative, cela offre de la liberté de présenter de nouveaux personnages. Soit. Cela ne change en rien le fait que, se déroulant dans les années 1980, les personnages de McAvoy et Fassbender, nés à la fin des années 1920, devraient déjà davantage ressembler physiquement à Patrick Stewart et Ian McKellen. Mais bon, la continuité de l’univers X-Men, à l’inverse complet de l’univers Marvel, est devenue de plus en plus horrible et ingérable.

Or, ces nouveaux personnages, des personnages majeurs de la saga, sont malheureusement complètement bâclés. Les enfants présentés sont stéréotypés à l’extrême (Jean Grey avait davantage de développement de son personnage dans les premières minutes de X3 que l’intégralité de ses scènes ici) tandis que les disciples d’En Sabah Nur/Apocalypse sont au final les premiers rejets qu’il croise.

Pire, les personnages récurrents sont totalement souillés. Le Professeur X, un des mutants les plus puissants du monde si il faut le rappeler, est réduit au rôle de haut-parleur et de punching-ball dans un match de boxe ridicule. Le colonel Stryker est émasculé jusqu’aux antipodes de sa personnalité. Quicksilver/Vif-Argent, hyperactif et farceur, est devenu subitement dépressif voire emo. C’est attristant de voir la facilité avec laquelle tout le travail des films précédents est défait.

X-Men: Apocalypse, par Bryan Singer
Image © 2016 Twentieth Century Fox Film Corporation. Droits réservés.

X-Men: Apocalypse est au final un pot-pourri de personnages présentés abruptement et sans respect apparent pour le matériel source, avec des acteurs aux abonnés absents à l’exception une fois encore de Michael Fassbender, qui est englobé dans une histoire personnelle si ridicule que cela en devient désespérant.

En parlant de personnages, l’antagoniste du film est donc Apocalypse, le premier des mutants, qui possède le pouvoir de cumuler les pouvoirs d’autres mutants. Durant tout le film, chaque scène témoigne de sa force grandissante et qui devient franchement absurde. Ma surprise fut donc considérable quand, après deux heures et vingt minutes de film, absolument rien ne s’était passé pour justifier la fin montrée. Même pour un film de super-héros, où l’on sait pertinemment qui va « gagner », la pilule nous est désagréablement forcée et passe bien trop difficilement, si ce n’est pas du tout. Sans compter que littéralement rien de tout le film ne serait arrivé si Moira McTaggart avait fermé la trappe secrète…un peu faible comme argument pour avancer le scénario.

Visuellement, aucune scène d’action ne mérite l’attention, avec la 3D utilisée en tant que but en soi. Certaines scènes, séquences et certains plans furent filmés uniquement pour but d’exploiter la 3D, et cela fait sortir le spectateur de son immersion, déjà fragile. Les clichés sont aussi présents beaucoup trop souvent.

Ce genre de film trompe le spectateur, car la bande-annonce est au final une œuvre d’art de créativité, un exemple parfait de l’arbre cachant la forêt. Il n’y a pas vraiment de scènes d’action. Il n’y a rien d’innovant dans X-Men: Apocalypse, car même les thèmes abordés sont les mêmes. Rien ne se passe pour nous exciter durant plus de deux heures, et la scène la plus aboutie (et encore) est réchauffée directement de Days of Future Past avec le personnage de Vif-Argent, mais juste allongée. C’est de la publicité mensongère.

La jeune Jean Grey avait malheureusement raison dans le film: les troisièmes opus d’une trilogie sont souvent les pires, et Bryan Singer et les X-Men ne méritaient pas cela pour conclure une saga jusqu’ici excellente.

Noté : 1.5 / 5

Bande-Annonce

Casting

James McAvoy
Michael Fassbender
Jennifer Lawrence
Oscar Isaac
Nicholas Hoult
Rose Byrne
Tye Sheridan
Sophie Turner
Olivia Munn
Lucas Till
Evan Peters
Kodi Smit-McPhee
Alexandra Shipp
Ben Hardy
Lana Condor
Josh Helman

Détails

Date de sortie en Suisse: 18.05.2016
Réalisateur: Bryan Singer
Pays de production: Etats-Unis
Durée du film: 144 minutes
Genre: Action / Science-Fiction

(Images droits réservés)

REVIEW OVERVIEW
Noté
SHARE
Previous articleConcours: Quilt (US) + Telespace (CH) au Romandie – 19.05.2016
Next articleCannes 2016 | Loving
J’ai obtenu en septembre 2013 mon Master de HEC Lausanne et je m'occupe ainsi de la majorité de l'aspect commercial et partenariats du webzine. C’est avec enthousiasme que j’ai rejoint David, Hervé et Sven en mai 2014 pour créer Le Billet, et je me réjouis d'y contribuer dans la durée!