Locarno 2014 Concorso Internazionale : Cure – The Life of Another

« Cure – The Life of Another » marque le retour d’Andrea Štaka à Locarno, après le Léopard d’Or obtenu par son film « Das Fräulein » en 2006.

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Cure, par Andrea Staka
Cure - Concorso internazionale

Voici une œuvre assez curieuse, à commencer par le titre. En Croate, cure, prononcé « tsouré », veut dire les filles. Ceci impliquerait que le titre fait allusion aux vies que mènent ces deux filles. Mais visuellement, ce titre est lu en anglais, et se traduit par « soigner la vie d’un(e) autre ». Cette ambivalence représente un point de ralliement durant le film.

Le film me paraît instinctivement polarisant dans son analyse et sa critique. Nous sommes allés voir cette production à deux, Sven et moi. Des personnes comme Sven, ayant une seule identité et éducation culturelle, forte et définie (i.e. né en Suisse de parents suisses et éduqué en Suisse), auront peut-être de la peine à saisir le message que la réalisatrice souhaite transmettre. À l’inverse, les personnes ayant vécu dans plusieurs cultures (et dans mon cas personnel, les mêmes que dans le film, à savoir suisse et croate), comprendront le message.

D’un point de vue du film, que ce message sorte dix minutes avant la fin pourrait être vécu comme un point culminant. Il n’a servi qu’à accentuer à quel point le film est creux durant la première heure et quinze minutes.

Pour Sven, le film est :
« Un peu abstrait mais intéressant, ce jeu d’identités tente de nous tenir en haleine mais les errances de la mise en scène empêchent le film de prendre son envol. Bourré de sous-entendus sexuels, les dialogues sont un peu vides de sens pour la thématique du film. Dommage, car l’idée est sympathique mais le tout est trop aléatoire, les personnages sont interprétés moyennement et parfois, leurs apport au film est si moindre qu’on se pose la question s’ils servent vraiment à quelque chose. Bref, Cure n’est pas si mauvais mais l’alchimie ne prend pas. »

Car en effet, durant la majorité du film, je me posais la question d’où ce film souhaite aller. Il semble ne pas avoir de voie et change souvent de thème ainsi que de narrative. Sur un fond de guerre (le film se déroule en 1993), le film parle de (homo)sexualité pubère, d’intégration, de folie, d’amitié, de famille et, finalement, d’une recherche d’identité personnelle. Le tout s’enchaîne de façon trop brusque pour raconter une histoire cohérente.

À postériori, une fois que l’on a accepté que le film soit au final une allégorie, personnifiée par les protagonistes du thème de la recherche d’identité, on comprend très facilement la symbolique des actes et des scènes, ainsi que l’effort consenti dans les détails.

Ne sachant jamais si Linda est folle, si elle hallucine ou si elle projette ses pensées sur le spectateur, la fille est hantée pour tous les thèmes. Le tout couplé à une musique agressive et grinçante pour mettre la salle dans l’ambiance, l’impression que sent Linda d’être hantée est très claire.

Parlant d’individus essayant de forger leur identité, en acceptant leurs multiples facettes, le film est un beau projet. Un projet qui résonne auprès de chacun d’entre nous. Il est par contre frustrant que le film lui-même ne s’en soit pas trouvé une.

Noté : 2.5 / 5

Bande-Annonce

Casting

Sylvie Marinković
Lucia Radulović
Marija Škaričić
Mirjana Karanović
Leon Lučev
Franjo Dijak

Détails

Date de sortie en Suisse: 23.10.2014 (Suisse-Allemande) / 29.10.2014 (Romandie)
Réalisateur: Andrea Štaka
Pays de production: Suisse / Croatie / Bosnie-Herzégovine
Durée du film: 83 minutes
Genre: Drame

(Images droits réservés)

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J’ai obtenu en septembre 2013 mon Master de HEC Lausanne et je m'occupe ainsi de la majorité de l'aspect commercial et partenariats du webzine. C’est avec enthousiasme que j’ai rejoint David, Hervé et Sven en mai 2014 pour créer Le Billet, et je me réjouis d'y contribuer dans la durée!