Interview | Swim Deep

De Tangerine Dream à Vangelis, Swim Deep nous parle de la confection de ce nouvel album.

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Swim Deep était de passae au Romandie - Image droits réservés - © Swim Deep

De passage au Romandie dernièrement, nous avons pu nous entretenir avec les « ambassadors of feel good », comme ils se nomment. Venu défendre leur dernier album, le quintette de Birmingham a enchanté le « Romi » par son énergie et sa fraîcheur. Le plus étonnant dans tout cela, ce sont les « racines » de ce second album pour le moins…étonnantes. Le leader Austin Williams nous explique avec exactitude ses intentions par rapport au premier album.

Propos recueillis et traduits par Sven Papaux



Version française plus bas

AW – Austin Williams
JB – James Balamont

CM – Cavan McCarthy
ZR – Zachary Robinson

AP – « Mothers » is more dreamy, more melodic than your first album « Where The Heaven Are We ». How did you approach this new album ?

AW – I think it is a progression. It’s more ambitious. Yes, this is a big progression compared to the first one. This is a statement of a theme as well as how we wish to carry on with the band. I feel like… it’s showing people what we are. Intelligent song writing and ambition. Everything I feel shines in a kind of reality that meets wonder. It’s a good carry on of the first album as well.

SP – You said : « I feel like we’re all shaving our heads and going to war with this record ». What does that mean ?



AW – This is a great album for us. It’s not a « mainstream » album. Lots of people don’t want to think about us or didn’t think about the record, then they realize what a weird album it is as well.

«This is a great album for us.»

SP – This is not about critical journalists ?

AW – No, it’s not about going to war against journalists. It’s just that there is going to be a lot of debate and opinions on it. The best thing about it is that nobody says it’s « alright » or no one says it’s « good ». People always say it’s just incredible, it’s weird or it’s horrible. It’s all extreme words, extreme reactions. Loads of reactions from people, and I guess that’s in a way kind of how it is going to work.

SP – You’re often compared to Tame Impala. What do you think about this comparison ? And, personally, your album reminds me more of Passion Pit. What do you think about that ?

AW – For Tame Impala, I think… I don’t actually go with Tame Impala. I just think it’s quite easy to compare ourselves with Tame Impala, because we use synthesizers. With Passion Pit, I agree with that because Passion Pit is quite emotional, quite melancholic. It’s more our way.

JB – It’s vibrant and colorful. I think that Mothers is vivid, bright and very melodic. That’s the same of Passion Pit.

Well, you agree with this comparison ? Or not ?

JB – I wouldn’t necessary say it myself, but I think it’s a positive comparison.

AW – Very flattered ! We are all listening a lot to Tame Impala since they came out. It’s really interesting what Kevin (Ndlr : Kevin Cooper, le leader de Tame Impala) is doing.

SP – What is your inspiration for this second album ?

AW – So the inspiration comes from the first album. To move on, get involved more, see more of the world and to play in front of more people. Keep in getting this fix. Keep getting this thing to enjoy so much our band playing live, or recording. Recording is such a process. If you are writing it… As soon as I write something, you can never really get that feeling again. I guess you can compare it to drugs or something. You write something and it comes out and it just feels so good, so you just want to do it more and more. I think your inspiration just comes from that really. Just wanting to demand a reaction from people.

JB – I think sonically, the way the album sounds, it comes from the fact we had access to a lot of new instruments we haven’t had before. So at the recording studio, they had loads of old vintage synths and the music we were listening to, we kind of picked up all those instruments. So we listened to some of those songs: for example, Acid House, The Three, some other stuff, sci-fi film soundtracks, Tangerine Dream, Brian Eno. We could listen to that music and then try it and put a little it behind or own music.

AW – Thats where the landscape comes from. The landscape in bands like Tangerine Dream, Vangelis (Ndlr : compositeur reconnu pour être l’un des pionniers de la musique électronique) all these amazing soundtracks. There is so much space in them and so much room for imagination.

«The Landscape in bands like Tangerine Dream, Vangelis, all these amazing soundtracks.»

SP – Why Brussels to record your album ? Is it a choice or a preference ?

AW – The studio is incredible ! So many options in this studio.

Do you have a favorite festival ?

CM – I’d love to play at Coachella ! Yeah, that’s my favorite festival !

…It’s a mainstream festival ! (Rires)

AW – Yeah ! (Rires)

…No, no, just kidding. It’s a great festival !

AW – In Coachella, you can’t drink… but I’d love to play (Rires). Glastonbury is great too !

ZR – Best Kept Secret is really good too…

JB – Yeah, in the Netherlands !

Version française :

SP – Mothers est plus rêveur, plus mélodieux que votre premier album (Where The Heaven Are We). Comment avez-vous abordé ce nouvel opus ?

AW – Je pense qu’il y a une réelle progression. Il est plus ambitieux. Oui, c’est une grosse progression par rapport au premier. On peut l’associer à une déclaration d’un thème comme nous souhaitons poursuivre avec le groupe, l’album montre ce que nous ressentons, comment nous sommes. D’une manière intelligente et ambitieuse. Tout ce que je ressens, transparait comme une sorte de réalité mélangée à de l’émerveillement. En outre, on peut parler d’une déclinaison du premier album.

SP – Vous avez dit : « J’ai l’impression que nous nous rasons la tête et partons faire la guerre avec ce disque ». Que voulez-vous dire avec cette phrase ?

AW – C’est un excellent album pour nous. Ce n’est pas un album « mainstream ». Beaucoup de gens ne veulent pas penser à nous ou pense que notre oeuvre est trop bizarre, voire difficilement compréhensible.

«C’est un excellent album pour nous.»

SP – Ce n’est pas à propos de la critique musicale ?

AW – Non, pas du tout. Ce n’est pas une guerre que nous menons face aux journalistes. De toute façon, la presse aura toujours son avis négatif ou positif. Tout le monde a son opinion. Notre album divise fortement. Il est bizarre, ou il est horrible. Notre travail provoque des réactions extrêmes. Je pense que ce genre de réaction démontre dans quel sens nous devons travailler.

SP – Vous êtes souvent comparés à Tame Impala, acceptez-vous cette comparaison ? Et, d’un point de vue personnel, votre album me rappelle le premier opus de Passion Pit.

AW – Pour Tame Impala, je pense que… (il marque un temps). Je pense que c’est trop facile de nous comparer à Tame Impala. Nous utilisons des synthétiseurs et des instruments semblables. Par contre pour Passion Pit, je suis d’accord. Passion Pit, c’est très émotif, très mélancolique. Nous empruntons le même chemin.

JBMothers est vibrant et coloré. Je pense que notre nouvel album est vif, lumineux et très mélodique. Dans la même veine que Passion Pit.

SP – Donc, ces comparaisons ne vous dérangent pas ou au contraire ?

JB – Je n’aurai pas nécessairement dit ça, mais je pense que ces comparaisons sont positives.

AW – Très flatté ! Parce que tout le groupe écoute Tame Impala. C’est très intéressant ce que Kevin (Ndlr : Kevin Cooper, le leader de Tame Impala) fait.

Quelles sont vos inspirations pour ce second album ?

AW – L’inspiration vient du premier album. Nous avons l’envie de plus nous déplacer, de plus jouer devant des gens, de plus nous impliquer. Continuer à satisfaire cette addiction. Nous recherchons à apprécier tant les enregistrements en studio que les live. L’enregistrement est un tel processus. Si vous écrivez un texte un jour, vous reprenez le lendemain, vous n’arriverez jamais à retrouver le même sentiment. Vous pouvez comparer ça à la drogue ou quelque chose dans le même genre. Vous écrivez quelque chose, et cela sort d’une manière si délicieuse que vous voulez en faire de plus en plus. L’inspiration du deuxième album est venue comme ça. Rechercher une réaction des gens à travers nos chansons.

JB – La façon acoustique dont sonne l’album nous vient surtout du fait que nous avions accès à un plus grand nombre de nouveaux instruments. Au studio, nous avons utilisé de vieux synthétiseurs « vintage », nous écoutions énormément de musique. Nous avons ajouté plusieurs styles de musiques différentes, par exemple : Acid House, The Three, des musiques de films de science-fiction, Tangerine Dream, Brian Eno. Avec cela, nous avons ajouté notre touche personnelle, notre propre musique.

AW – C’est l’univers que nous avons imaginé pour cet album. Des artistes comme Tangerine Dream, Vangelis (Ndlr : compositeur pour être l’un des pionniers de la musique électronique) nous ont profondément inspirés. Il y a tellement d’espace en eux, tellement de place à l’imagination.

«Des artistes comme Tangerine Dream, Vangelis nous ont profondément inspirés.»

SP – Pourquoi avoir choisi Bruxelles pour enregistrer votre album. C’était par choix ou obligation ?

AW – Le studio est incroyable. Il y a tellement d’options dans ce studio !

SP – Un festival, en particulier, vous fait-il rêver ?

CM – J’aimerais bien jouer à Coachella. C’est mon festival préféré !

SP – …C’est « mainstream » comme festival, non ? (Rires)

AW – C’est clair ! (Rires)

SP – …Non, je rigole. C’est un excellent festival !

AW – On ne peut pas boire à Coachella (il marque un temps)…mais y jouer serait super (Rires) ! Glastonbury fait partie de mes festivals favoris aussi.

ZR – Pour moi, Best Kept Secret !

JB – Oui, aux Pays-Bas !

La discussion prend fin sur un échange de festivals étranges et d’explications sur les envies de se produire dans plusieurs festivals légendaires. Bref, nous prenons congé du quintette de Birmingham et nous nous réjouissons de suivre la suite de leur carrière.

One Great Song And I Could Change The World – Swim Deep