Berlin 2016 | Les premiers, les derniers

Dans la catégorie Panorama, un film franco-belge a été primé à deux reprises par les jurys indépendants à Berlin. « Les premiers, les derniers » de Bouli Lanners raconte dans un microcosme l’histoire de l’humanité.

0
879
Les premiers, les derniers, par Bouli Lanners
Bouli Lanners dans le rôle de Gilou, Albert Dupontel dans le rôle de Cochise. Image © Kris Dewitte.

Nous vivons dans un monde de plus en plus incertain, voire dangereux. Sur ce thème, de nombreuses personnes croient que la fin du monde est imminente. Quelle que soit votre définition de « fin du monde », entre croyances extraterrestres, convictions religieuses ou réactions à la terreur mondiale omniprésente, chaque génération est peut-être la dernière sur terre. Et c’est sur cette fragilité que s’érige Les premiers, les derniers.

Cochise (Albert Dupontel) et Gilou (Bouli Lanners) sont deux chasseurs de primes, âgés et usés par le métier mais aussi d’inséparables acolytes. Ils sont chargés de récupérer un téléphone portable contenant une vidéo sensible pour le commanditaire de cette mission. Croisant le chemin d’Esther (Aurore Broutin) et Willy (David Murgia), un couple de marginaux, Cochise et Gilou se feront rappeler du potentiel humain de chacun, que l’innocence et la bonté existent malgré les situations où survie et instinct peuvent reprendre le dessus.

Ayant un peu de peine à décoller avec une ambiance anesthésiante, Les premiers, les derniers place rapidement une scène (littéralement) coup de poing qui annonce vraiment le départ du film. De là, tout va crescendo.

C’est un film intelligent, assez bien construit dans son scénario mais surtout réfléchi par son symbolisme et ses métamorphoses. On voit des transformations à l’écran, des personnages qui évoluent lorsqu’ils sont exposés les uns aux autres. Même Jésus y fait son apparition! Lui, qui fut le premier et le dernier à mourir et à renaître.

Dupontel et Lanners se fendent de prestations attendrissantes presque, tant leur passé de « gros bras » est mis sous silencieux. Dans la logique des deux protagonistes, on peut chacun imaginer ce qu’il s’est passé dans leur vie pour en arriver là, et c’est une liberté bienvenue qui est accordée au spectateur. En effet, c’est là l’intelligence du film; bien que parfois plat et fade, il évoquera forcément quelque chose en chacun de nous.

Avec des apparitions des géants du cinéma que sont Michael Lonsdale et Max von Sydow, parfaitement adaptés dans leurs rôles et leur stature, Les premiers, les derniers arrive à entourer ce fragile couple que sont Esther et Willy de tout ce qu’il faut pour ne pas perdre espoir dans ce monde si violent. Certains se tournent vers le divin, comme les premiers hommes, d’autres vers la société et la famille, comme les derniers.

Les premiers, les derniers est une fresque de l’humanité; où les plus faibles, les plus démunis et les plus fragiles sont à la merci du monde qui les entoure, et qui dépendent de la bonté de ceux qu’ils croisent en chemin. Le film est réussi dans le sens où il ne cherche pas à faire la morale ou à changer le monde, mais il raconte une histoire si bien ficelée qu’il est impossible de ne pas en retirer un message, sans prétention.

Noté : 4 / 5

Bande-Annonce

Casting

Albert Dupontel
Bouli Lanners
Suzanne Clement
Michael Lonsdale
David Murgia
Aurore Broutin
Philippe Rebbot
Serge Riaboukine
Lionel Abelanski
Virgile Bramly
Max von Sydow

Détails

Date de sortie en Suisse: Inconnue
Réalisateur: Bouli Lanners
Pays de production: Belgique / France
Durée du film: 98 minutes
Genre: Drame

(Images droits réservés)