Quand David Bowie laisse une empreinte dans le rap…

... ça crée des étincelles!

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Image Droits Réservés - David Bowie

Comme vous le savez probablement, David Bowie nous a quitté durant la nuit du dimanche 10 janvier après avoir combattu contre un cancer qu’il luttait depuis plus de 18 mois. Chanteur, compositeur, producteur mais aussi acteur, David était l’une des figures artistiques du 20ème siècle qui a révolutionné le monde de la musique pendant plus de 50 ans. Avec un total de 26 albums studio (en comptant Blackstar, son dernier projet sorti deux jours avant son décès) et une bonne série de films dans lesquels il a joué, le natif de Brixton a aussi traversé plusieurs styles de musique tout en réussissant à s’y immerger non sans aucune difficulté.

Dans cet article il n’est pas question d’effectuer un retour en arrière afin de faire une biographie de l’artiste car il nous faudrait un roman. Il est dans mon idée, de plutôt proposer ce que le rockeur britannique a laissé comme empreinte dans le monde du Hip Hop. Oui, car ses innombrables morceaux ont également touché et inspiré le monde du rap qui a su, pour la plupart des fois, utiliser ses échantillons de musique (voir sample) pour recréer des mélanges mélodieux qui ont permis aux auditeurs hip-hop d’y hocher leur tête.

1981. Under Pressure est le résultat d’une collaboration phénoménale qui a eu lieu entre David et les quatre membre de Queen. Un hit interplanétaire qui traite du thème de la pression et ses conséquences sur l’être humain. Un duo mémorable qui a vu le jour sur nos terres vu que les deux stars ont commencé à enregistrer ce morceau durant le Montreux Jazz Festival!

1990. Soit huit ans après la sortie du morceau original, c’est un certain Vanilla Ice qui va oser reprendre le titre du duo mythique afin de l’adapter au genre hip-hop. Controversé, le hit du vilain canard du rap game reprend les accords de la basse principale. Blond et avec la dégaine d’un leader de boys band, Robert Matthew Van Winkle était, à ce moment-là, la risée de la planète rap dû à sa couleur de peau et son manque de street-credibilité. Une époque où peu de rappeurs blancs osaient se plonger dans ce genre de musique. Mais à quoi bon? Lorsque l’on sait que Ice Ice Baby peut se targuer d’être le premier single rap à se trouver en première position du fameux classement Billboard.

1983. Let’s Dance est un single de Bowie issu de l’album éponyme sorti la même année. Avec son ambiance à la fois disco et dance-pop, il s’agira d’un des morceaux ayant vendu le plus de copies durant cette année. Produit par Nile Rodgers, c’est aussi le seul single du chanteur à avoir atteint le top des charts aux États-Unis ainsi qu’au Royaume Uni en même temps.

1997. Soit 14 ans après. C’est cette fois-ci au tour du mafioso Puff Daddy de ressortir les vieux hits de Bowie pour venir ressourcer sa maison de disque ainsi que la planète rap qui venaient tout juste de perdre son icône, Notorious B.I.G. cinq mois auparavant. Toujours aussi imposant et spectaculaire lors de ses clips vidéos, le dirigeant de Bad Boy Records a connu un succès net avec Been Around The World. Un morceau nostalgique et magique qui reprend l’instrumentale de l’original avec un tempo ralenti. Sur ce morceau, on retrouve  également un Biggie flegmatique mais charismatique au refrain. Hélas, ce dernier n’aura pas l’opportunité d’apparaître dans le clip…

https://www.youtube.com/watch?v=qni6KXVOh2Y

1985. This Is Not America. Pas le morceau le plus connu de l’artiste britannique mais l’un des plus entreprenants de par son message et sa collaboration avec le groupe Pat Metheny Group. D’ambiance plutôt calme avec un mélange de jazz et soft pop, le morceau est envoûtant et laisse sans autre les synthétiseurs venir bercer les oreilles de l’auditeur. Produit pour le film Le jeu du faucon avec un jeune Sean Penn à l’affiche, le morceau est parfaitement maîtrisé par la profondeur des paroles de David Bowie.

2001. Plus agressif, direct mais puissant, c’est de nouveau P. Diddy qui est aux commandes de la reprise ainsi que de ses grosses basses. Le titre s’appelle cette fois American Dream. Et c’est de nouveau dans le but de faire partie de la bande son originale d’un autre film. Il s’agit cette fois du très bon Training Day réalisé par Antoine Fuqua où l’on retrouve Denzel Washington ainsi qu’Ethan Hawke pour le casting. En parlant de casting, le morceau a également réuni les imposants Black Rob, Mark Curry, Kain et Big Azz Ko pour complémenter les chants de Bowie.

1971. Quicksand. Acoustique et donc accompagné par des instruments à cordes tout au long du morceau, on a le droit à une introspection de l’artiste au niveau des religions. Un morceau donc touchant qui sera repris plus tard lors du passage (02:40) où l’artiste nous dévoile la magie de ses cordes vocales.

2011. Une boucle de deux secondes d’un passage de Bowie qui se répète sans cesse durant tout le morceau. Cela pourrait paraître monotone et répétitif, mais au contraire, c’est ce qui crée l’envoûtement et la fascination de Run & Hide. Une collaboration entre l’artiste britannique The Bullits et le rappeur prodige et très sous-estimé Jay Electronica qui aime faire attendre son public quant à la sortie d’un hypothétique premier album solo. La cohésion entre les deux artistes est superbe et le couplet paisible de Jay, s’imprègne parfaitement de l’atmosphère de la chanson. Il s’agit peut-être du meilleur morceau hip-hop qui sample David Bowie.

1986. Within You fait partie de Labyrinth, la bande son officielle pour le film du même nom. En collaboration avec Trevor Jones, l’opus regroupe toute une variété de morceaux d’ambiance pop-électronique. De loin, le morceau le plus connu de l’artiste, Within You se démarque grâce à la scène marquante de l’artiste excentrique lors du visionnage du film.

2014. Soit le morceau le plus récent de cette liste qui s’appuie sur l’original datant de 28 ans en-arrière. On retrouve ici le talentueux Nacho Picasso qui rend directement hommage à l’artiste britannique en intitulant ironiquement le morceau David Blowie. Inconnu du grand public, le rappeur de Seattle mériterait une plus grande attention de par son monde imaginatif et sombre ainsi que ses productions hypnotisantes qui, comme à leur habitude, accompagnent aussi bien la lourde voix rauque ainsi que les rimes assommantes de l’emcee.