On était à Coachella 2016 (dimanche)

Retour sur nos trois jours dans le désert californien

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Mathew Tucciarone / Sia / Tous droits réservés

Dernier jour sous le soleil. Les organismes sont un peu fatigués, mais on se réjouit de profiter encore une fois de l’Empire Polo Club pour ce dimanche à Coachella. On arrive et on passe une dernière fois l’entrée, heureux. On se balade et on passe un peu d’un endroit à l’autre, appréciant les minettes qui prennent la pause pour un selfie, les mecs qui boivent leur vodka planquée dans un tube de crème solaire, les gens qui sourient, le soleil. On commence vers 15h30 avec Joywave, sympathique groupe américain originaire de l’état de New York, qui propose un rock indie assez entraînant et tout à fait approprié au moment. Leurs deux albums sont un de ces mélanges d’indie et d’électro assez courant, mais bien fait et avec une touche américaine, une forme d’optimisme. Le chanteur, Daniel Armbruster,  est un connard arrogant assez charismatique qui m’a personnellement fait bien  rire et leur visuel d’arrière scène, avec leurs visages qui évoluent au fil du concert, m’a plutôt bien plu. Un bon groupe de festival.

https://youtu.be/WrY5yEJhlAQ

On continue notre balade avec les Londoniens de Wolf Alice. On aimait déjà bien album, on avait des bons échos sur leurs lives, mais le soleil et la chaleur, les palmiers et le décor, alliés à la belle ambiance et à la plus belle encore Ellie Rowsell, on adore quoi. C’est plein de bons moments, on s’ennuie pas, ça bouge bien, du bon rock. On attend ensuite Cold War Kids, toujours sur la même scène sous le soleil. N’étant personnellement pas au courant que le groupe était encore en vie, c’est avec un immense plaisir que je découvre leurs nouvelles compos et le fait que celles-ci sont plus connues par le jeune public que les anciens tubes. Amusant de voir un groupe revenir de la sorte. Amusant et au passage excellent, pour des mecs qui n’ont rien perdu sur scène depuis 2003, lorsque je les avais vu à Southside.

Wolf Alice / Grimygoods / Tous droits réservés
Wolf Alice / Grimygoods / Tous droits réservés

On profite ensuite de découvrir les recoins du festival, les petites scènes cachées et autres dancefloors étranges, avant de nous rendre à la scène de l’Outdoor Theatre pour les magnifiques Beach House. Certainement un des groupes les plus fascinant du moment, leur dernier album est simplement sublime, les Américains ne déçoivent pas sur scène, où leur pop mélodieuse et magique inonde le désert californien. Un moment sublime, suspendu quelque part, entre les étoiles et les palmiers. Le concert suivant est celui de Sia, que nous observons un peu de loin. Si elle passe près de chez vous, il faut absolument y aller. La chanteuse australienne propose un show complètement novateur et fou. Elle chante dans un coin, immobile, debout sur une estrade. Pendant ce temps, des acteurs, Kristen Wiig ou Paul Dano notamment, viennent jouer les lyrics, grimés en Sia, dans un spectacle à mi-chemin entre le théâtre et la danse contemporaine. De plus, le concert est diffusé sur grands écrans, mais les visuels sont d’une telle qualité et les films sont si bons, qu’on se demande si c’est fait en direct ou si cela a été tourné avant. Dans tous les cas, il s’agit d’un show hypnotique et fascinant, repoussant les limites des performances scéniques live et rangeant la bande des popeux US de grande scène aperçus ce weekend au rang de mignonnes soirées star’ac.

Etre jolies et avoir l'air idiotes avec ton selfie stick / Fest300 / Tous droits réservés
Etre jolies et avoir l’air idiotes avec ton selfie stick / Fest300 / Tous droits réservés

Pour la fin de soirée, on préfère éviter le grotesque Calvin Harris, pour aller voir les Angelenos de Nosaj Thing. Les deux artistes sont filmés avec 3 caméras qui reconstituent leur présence en 3 dimensions et les intègrent dans toutes sortes d’environnements (virtuels). La musique n’est pas en reste, avec une électro d’inspiration bristolienne réimplantée à Los Angeles / Little Tokyo, dans un déluge de basses et d’élégance.

On repart enfin, un peu tôt à notre goût, ballottés encore une fois comme des porcs qu’on emmène à l’abattoir, suivant servilement des consignes hurlées en anglais dans la nuit désertique. Les Américains ont parfois une étrange façon de concevoir la fête. On aura apprécié le cadre, les concerts, le soleil, beaucoup moins les tarifs ou l’aspect très policé de l’évènement.

Encore une fois, si vous voulez aller à L.A, ville extraordinaire, et, au passage, passer à Coachella, il est judicieux de combiner les deux et de partir en avril. Si vous voulez traverser un océan et un continent uniquement pour aller voir les stars US à Palm Springs, allez plutôt à Primavera Sound.