Montreux Jazz Festival 2017 | Paradis, Metronomy et La Femme

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La Femme au Lab du Montreux Jazz Festival le 10 juillet 2017 © 2017 FFJM – Daniel Balmat

Une programmation parfaite

L’une des meilleures soirées du Montreux Jazz Festival avait lieu le 10 juillet dernier au Lab. Deux des formations musicales les plus connues du moment, Metronomy et La Femme, faisaient figure de têtes d’affiches. Tandis que Paradis, le groupe français qui a fait sensation parmi la critique avec son premier album Recto Verso, était en première partie. Si Metronomy et La Femme sont des groupes que j’adore, l’écoute de quelques morceaux de Paradis a suffi à me convaincre de leur talent.

Le Paradis du ciel

Simon Mény et Pierre Rousseau forment Paradis. Crée en 2010 après une rencontre en soirée, il s’est écoulé plusieurs années avant que le groupe de pop mélodique publie leur premier album. Sur la scène du Lab, ils étaient accompagnés d’un batteur et d’un claviériste. Dès lors, le duo devient un quatuor. Paradis peut être rapproché d’autres artistes français émergents comme Flavien Berger ou Agar Agar, les paroles en français en moins pour ces derniers. Dès le début du concert, certain(e)s fans de la première heure ont commencé à chanter les paroles des chansons du groupe, révélant que celui-ci avait, à ma grande surprise, une certaine renommée en Suisse. Il faut dire que leurs morceaux sont beaux et sacrément efficaces. Toi et Moi ou Garde Le Pour Toi, tirés de leur dernier album, mêlangent parfaitement house et chanson française. Quant aux textes, ils sont joliment ficelés. Pour leur premier concert en Suisse, Paradis nous emmenait dans son univers électronique et aérien. Je m’imaginais déjà couchée, face contre ciel, embrumée dans des nuages cotonneux. Presque au paradis.

La Métronomie des voiles

Arrivés sur la scène du Montreux Jazz Lab, les différents membres de Metronomy enchaînent morceaux tirés de leur dernier album, Summer 08, et anciennes chansons, sans pause aucune. C’est ma première soirée passée avec le groupe britannique fondé par Joseph Mount. J’ai malheureusement manqué les derniers passages du groupe en Suisse en 2014. Back Together, qui est l’une de mes chansons préférées de leur dernier album, introduit le concert, suivie de Miami Logic et Old Skool. D’autres compositions du groupe telles que I’m Aquarius et The Look nous rappellent tout le chemin parcouru depuis le succès de leur troisième album The English Riviera. Néanmoins, certains morceaux joués durant le concert, notamment le magnifique Love Letters, qui est dédié le temps d’une soirée au Montreux Jazz, ou Corinne ont légèrement été malmenés par Metronomy. Il faut avouer que le rendu en live était moins bon que celui en studio. Une légère déception me gagne. La scénographie du concert est pensée, travaillée. Les synthés, quelque peu penchés, et la batterie se trouvent chacun derrière un voile transparent à la couleur virginale. Les différents membres du groupe sont investis sur scène et s’en donnent à coeur joie. Le concert frôlant sa fin, les membres du groupe disparaissaient derrière les rideaux noirs de la scène du Lab.

Metronomy au Lab du Montreux Jazz Festival le 10 juillet 2017 © 2017 FFJM – Daniel Balmat

La Femme nous donne toujours autant de plaisir

La Femme est envoûtante. Il y a quatre ans déjà, elle nous avait ensorcelé aux Docks bien avant qu’elle ne devienne « l’avenir du rock français » (les Inrocks). Si le groupe, partagé entre surf-rock déjantée et cold-wave mélancolique, a gagné succès public et reconnaissance critique depuis, leur prestation scénique n’a que peu changé. Cinq synthés au devant de la scène du Montreux Jazz Lab, et toujours la même verbe psychédélique, une exubérance teintée de folie et l’assurance pour le sextuor de compter parmi les formations les plus prometteuses de ces dernières années. La Femme est impénétrable. Le logo du groupe, une main tendue prête à vous saisir le coeur, trône maintenant au-dessus de la scène. Sacha Got et Marlon Magnée, les deux fondateurs et leaders du collectif français, s’occupent de mettre l’ambiance durant le concert, comme toujours. Clémence Quélennec est soutenue au chant par ces deux derniers ainsi que par une nouvelle membre du nom de Grace Hartzel, mannequin et petite-amie de Marlon Magnée. Le groupe français a conquis, sans rappel, le public du Montreux Jazz LabLa Femme est poétique. Avec son dernier album Mystère paru l’année passée, le groupe confirme la virtuosité dont il a fait preuve avec son premier album Psycho Tropical Berlin. Du mysticisme de Sphynx au désenchantement d’Où va le monde ?, en passant par la poésie empoisonnée de Tueur de fleur, les paroles de leurs chansons sont ténébrescentes. La Femme-Mystère va vous ensorceler …

La Femme au Lab du Montreux Jazz Festival le 10 juillet 2017 © 2017 FFJM – Daniel Balmat

Janett Donis