l’interview: Mendetz

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Les rencontrer en vrai et m’entretenir avec eux semblait logique. Mon premier article (écrit pour Italic Magazine) était une critique de leur dernier album « Silly Symphonies ». Donc toutes les jolies choses qui me sont arrivées depuis, c’est un peu grâce à eux. Y compris cette curieuse interview réalisée dans leur voiture en trinquant à la fin d’un concert des plus réussis.

Mendetz, c’est ce groupe d’amis de Barcelone qui font de la musique électronique avec une identité bien à eux. Ils aiment se définir artisans de la robotique, et j’ai voulu en savoir plus sur leur manière de faire de la musique mais aussi sur leur future venue à Paris (leur premier concert en terre francophone), sur leur apparition éclair au salon de l’auto de Genève, sur le dernier album de Daft Punk et sur bien d’autres choses.

Ce soir là, je les rencontre juste après leur concert dans le cadre de la 4 ème édition de l’Arenal Sound. Il s’agit d’un concert de l’une des deux fêtes de bienvenue du festival qui a battu cette année le record du festival le plus multitudinaire d’Espagne avec 280’000 participants sur toute la durée du festival. L’année dernière, ils jouaient sur l’une des grandes scènes et cette année, ils étaient appelés pour mettre le feu depuis le toit d’un van Red Bull. Bien qu’il s’agisse d’un groupe de musique électronique, on a clairement affaire à une bande de potes qui a l’énergie et la présence d’un groupe de rock.

Bonjour les Mendetz, je suis content de faire cet interview, car je ne sais pas si vous vous souvenez mais cet article que j’avais écris sur « Silly Symphonies » était mon premier article. Le fait que vous ayez publié cet article à vos fans sur Facebook a été une grande source de motivation pour continuer à écrire.

Dans votre biographie et dans d’autres interviews vous revendiquer un côté humain dans la robotique. Vous utilisez même des termes comme « artisans de la robotique », pouvez-vous m’expliquer ce que ça veut dire exactement ?

C’est très simple on adore s’appeler artisans de la robotique, parce qu’on aime être très électronique, mais avec des prémisses de bande de rock. On aime donner une certaine âme à ce qu’on fait. C’est à dire avoir une présence sur scène, faire danser les gens, jouer avec des vrais instruments. Aucun élément est pré-enregistré. Pas de Mac caché derrière la scène. Tout ce que vous voyez dans un direct de Mendetz, c’est joué en live.

Des autres artistes qui sont partisans du terme « Human Robot » sont les Daft Punk, ils vous plaisent ? J’ai vu dans une autre interview que vous êtes allés les voir juste après un concert, comment c’était en live ?

C’était au Summercase en 2006, l’organisation de ce festival nous avait programmé avant même d’avoir sorti un disque, on avait juste sorti une démo. Ce festival se fait en deux parties, une à Madrid et l’autre à Barcelone, et on partageait l’affiche avec Daft Punk et New Order, parmi d’autres groupes aussi impréssionants. Le truc c’est que les Daft Punk jouaient à Barcelone pendant que nous on était à Madrid. On ne voulait pas rater ça, alors dès que notre concert s’est terminé, on a pris l’avion et on a rejoint le festival à Barcelone. On est arrivés pour la deuxième chanson des Daft Punk, c’était top.

Le plus marrant c‘est qu’avant ça on jouait dans des petits locals a Barcelone, où parfois on devait même payer pour y jouer. Avec comme seul public nos copines. C’était encore à l’époque où l’on gravait nos démos nous même et on faisait la couverture avec papier, ciseaux et scotch. On réalisait pas trop ce qui nous arrivait. A ce moment là, on a même donné notre démo à New Order dans leur backstage.

Du coup, vous le trouvez comment le dernier disque des Daft Punk?

Il est très bien… On est tellement opposé à eux, qu’au final notre intérêt commun est assez proche. Eux à la base c’est deux DJ’s, sans groupe, avec une scénographie très électronique, qui essaient de faire de la musique comme un groupe. Nous on est un groupe qui essaie de faire de la musique de DJ. Mais le message reste le même. Aussi, je pense que notre direct a plus de mérite parce que c’est plus dur de recréer de l’électronique de toutes pièces que de mixer en live des instruments pré-enregistrés.

Et la stratégie qu’ils ont utilisée pour le sortir ce Random Access Memories, vous en pensez quoi ?

C’est la stratégie la plus brutale qu’on ait vu, je pense, depuis Michael Jackson ou Madonna.

Clair ! C’est la première fois que j’achète un album avant de l’avoir entendu.

Oui, mais il faut garder en tête que c’est un disque qui n’arriverait pas à ce qu’il est en partant d’en bas. Il n’est pas aussi innovant en son genre que Discovery, ou Human After All. Mais il est très bien. Des gens sur Twitter ont comparé notre album Souvenirs à cet album, et ça nous fait marrer, parce que nous on l’a fait avant, et en plus on devait sûrement un peu inconsciemment penser à Daft Punk en le faisant. Les gens disent qu’il y a des touches un peu funk, électroniques, tranquilles, relax, comme dans Souvenirs.

Ça tombe bien, parlons de Souvenirs. Si c’était un paysage ça ressemblerait à quoi ?

Je pense à quelque chose qui se rapprocherait de l’illustration de la cover. Un paysage qui nous ferait penser à l’été ou aux vacances. Quelque chose de très cinématographique aussi. Avec toujours un côté très nostalgique présent dans tous nos disques.

Décrivez moi le concert de rêve de Mendetz ?

Très bonne question. Il y a la réponse facile : Au Camp Nou (stade du FC Barcelone), devant toute notre ville. Mais je peux aussi te donner la réponse bizarre : Sur un bateau devant 10 personnes, en première partie de Michael Jackson. Mais c’est plus trop possible.

J’ai entendu dire que vous avez joué une fois en Suisse, c’était où ?

Oui ! C’était assez curieux. Ça a commencé par la bande son d’une pub qu’on a fait pour Smart à Barcelone. On a ensuite été repéré par quelqu’un chez Smart et on a dû jouer au Salon de l’Automobile pendant 3 minutes, lors de la présentation d’une de leur voiture. Pour ces 3 minutes, on a du aller là-bas répéter pendant 3 jours.

Et là, en octobre, première date en France, à Paris. C’est un lieu qui va vous rappeler pas mal de Souvenirs, non ?

Haha. Oui. En effet c’est notre premier concert là-bas, mais on connaît puisqu’on a enregistré notre album Souvenirs là-bas. Donc ça va être bien, il y aura nos amis, notre producteur Stéphane « Alf » Briat (Phoenix, Air, etc.) et on se réjouit vraiment de jouer là-bas.

Dans votre biographie, il y a une phrase qui a un peu attiré mon attention, c’est que vous parlez de Silly Symphonies, votre dernier album en date, comme une œuvre « définitive », pourquoi vous utilisez ce terme?

Oui, on l’appelle « définitive ». C’est surtout parce qu’on pense qu’elle combine le meilleur du premier disque et le meilleur du deuxième.

Du coup qu’est-ce qui vient après une oeuvre définitive ? Vous travaillez sur des nouvelles choses ?

Oui, on travaille beaucoup ces derniers temps sur des nouvelles chansons. On essaie de re-surprendre les gens. On a un nouveau batteur qui influence aussi beaucoup en bien nos nouvelles productions. Le style va être unique!

Avez-vous l’habitude d’acheter des disques vinyle ?

Non, plus trop. Des CD’s de temps en temps quand on a vraiment envie de l’avoir.

Donc vous ne vous sentez pas trop touchés par toute ces questions de formats, de disque-objet, etc.?

Quand on a commencé, c’était l’année où Napster est arrivé, donc ça devenait de plus en plus clair qu’on allait plus vivre de ventes de disques. C’est aussi pour ça qu’on offrait nos démos à tout le monde après nos concerts. On a dû en distribuer en tout cas 2000 de démos.

Quelle est la chose la plus folle qui vous soit arrivée en plein concert ?

Pas mal d’invasions de fans sur scène. Une fois on a eu approximativement 100 personnes sur scène.
Une autre fois le courant s’est arrêté.
Sinon on a joué à un mariage et la mariée est montée su scène pour chanter Future Sex.

Si vous étiez programmateurs d’un festival imaginaire où vous pouviez inviter n’importe quel artiste de l’histoire de la musique, qui programmeriez vous ?

En grosses lettres sur l’affiche on aurait en tout cas Michael Jackson, The Beatles, Mecano, Antonello Venditti, et en fête de clôture du festival on ferait jouer Mendetz.

Merci Mendetz, un dernier mot?

Un salut tout particulier à tous les lecteurs. Et à bientôt en Suisse on espère!

 

 

 

« (…) Thanks for listening, it was Mendetz playing, from Barcelona (…) »