Le Billet Urbain | Episode 1 : Exposition « Secrets », patrimoine immatériel et exploration urbaine

« On ne peut pas exposer le secret, on doit le vivre » est le slogan de l’exposition « Secrets » mise en place par le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel du 17 mai au 18 octobre 2015.

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MEN / Site du parcours de l'exposition "Secrets"

Le MEN réinvente l’idée de l’exposition en l’installant hors les murs dans 15 espaces particuliers de la ville. Difficile de ne pas en dire trop afin ne pas gâcher le parcours, mais impossible de ne pas en dire davantage sur ce concept créatif et audacieux qui replonge le visiteur dans de doux souvenirs de chasse au trésor. « Secrets » clos la trilogie d’expositions consacrées au patrimoine immatériel. « Hors-champ » explorait l’image, son cadrage et ses évocations et « Bruits » parcourait la valeur et la conservation du patrimoine sonore. Le troisième volet présente l’idée du « secret » sous toutes ses coutures.

Le patrimoine culturel immatériel

Le concept de patrimoine immatériel a vu le jour dans les années 90 et a été formalisé en 2003 par la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. En quelques mots, une liste est créée comportant une liste représentative et une liste de sauvegarde urgente qui regroupent les traditions menacées. Ainsi, la ‘pêche aux crevettes à cheval à Oostduinkerke’ en Belgique, le chant Ojkanke en Croatie et les dessins sur le sable de Vanuatu sont ainsi devenus des formes de culture protégées. La Suisse a ratifié la convention en 2008 et différentes traditions y ont été inscrites. Moins dépaysant que la danse rituelle au tambour royal au Burundi, on y trouve les « fêtes de jeunesses campagnardes » (Vaud), la « torrée » (Berne, Jura, Neuchâtel) «la fondue » mais aussi la « culture du consensus et démocratie directe ».

Secrets et l’exploration urbaine

Gardé, dévoilé ou agitateur de curiosité, le secret demeure un instrument social et politique structurant, parfois puissant. Le contenu de l’exposition, passionnant, ne l’est pas autant que la forme proposée. Le principe est le suivant. Le visiteur reçoit un jeu de cartes dont chacune d’elles correspond à un espace dissimulé ville de Neuchâtel. Sur chaque site, le visiteur est amené à poinçonner sa carte pour découvrir le site suivant. Qui refuserait une chasse au trésor pour adulte ? Impossible d’en dire plus, j’ai promis de garder les endroits « secrets », mais le parcours m’a fait accéder à des endroits improbables, proches du mystique, jamais visités, de bâtiments pourtant souvent fréquentés. C’est avec une âme d’enfant et des yeux d’adultes que « Secrets » amène le visiteur à découvrir ou redécouvrir la ville. Séduite par l’idée, je meurs d’envie d’en dire plus, mais je m’arrêterai ici.

L’exposition proposée par le MEN force le visiteur à voir la ville différemment, à en saisir des éléments dissimulés, des recoins ordinaires ou créatifs qui transforment la vision de l’espace urbain. C’est ainsi que je l’ai choisie comme premier épisode du « Billet Urbain » qui tentera de vous emmener hors des sentiers battus qu’incarnent les villes qui rythment nos quotidiens. Le « Billet Urbain » explorera différents projets qui transforment l’idée de la ville en espaces créatifs, en terrains d’expression ou en alternatives du vivre ensemble. Inspirée par l’idée de « Right to the city » de Levebre, la chronique prolongera l’effort de ceux qui réinventent la ville selon leurs désirs.

Infos pratiques 

Dates : 17.05 – 18.10.2015

Prix : Adultes 8.- / Etudiants, AI, AVS, chômeurs, militaires 4.- ( +5.- pour le jeu de cartes. 1 jeu de carte pour 3 personnes conseillé.)

Temps à prévoir : entre 4 et 5 heures (possibilité de faire le parcours en plusieurs fois sans frais supplémentaire)

Départ de l’exposition : Musée d’ethnographie de Neuchâtel ou Office du Tourisme

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Diplômée en Etudes du développement international, je rejoins l'équipe du Billet en janvier 2015. Films engagés, indépendants, je suis à la recherche d'un cinéma qui perturbe le sens commun et heurte la banalité. Parallèlement, je travaille sur différentes recherches académiques sur le cinéma et la mémoire ainsi qu'au sein du bureau du festival Cully Jazz.