Inherent Vice

Cette semaine est sorti en Suisse un film acclamé par la critique; "Inherent Vice" du grand Paul Thomas Anderson.

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Inherent Vice, par Paul Thomas Anderson
Actuellement au cinéma. Image © 2015 Warner Bros. Ent. Droits réservés.

Inherent Vice est la réalisation du génial Paul Thomas Anderson (Magnolia, There Will Be Blood, The Master). Et lorsque Anderson dévoile un film, il s’agit d’un événement se rapprochant du niveau d’une annonce d’un Christopher Nolan ou Terrence Malick. La preuve, nous y avons consacré une news lors de son annonce en octobre 2014.

Dans la lignée de ce que Anderson nous a habitué, vous faire un résumé de l’intrigue d’Inherent Vice est une tâche se rapprochant du futile. Cependant, certains fils rouges existent.

Entrant tout de suite dans le feu de l’action, nous suivons « Doc » Sportello (Joaquin Phoenix), un détective privé hippie vivant en Californie au bord de l’océan Pacifique. Il est visité par son ex petite-amie, Shasta (Katherine Waterston), qui est maintenant impliquée dans des histoires d’adultère avec un homme riche et puissant. Bientôt traîné dans une spirale plus dangereuse, il croisera les chemins du policier Christian Bjornsen (Josh Brolin, incroyable dans le rôle) et du personnage intriguant de Coy Harlingen (Owen Wilson). S’en suivent une série d’histoires se croisant, plus farfelues les unes que les autres!

Bref, le défi fut de rentre le tout cohérent, et dans cet aspect là, l’objectif est atteint pour la majorité. Une narratrice nous accompagne le long du film, alors qu’elle est elle-même un personnage visible nommé Sortilège, une amie de Shasta et Doc (Joanna Newsom, son premier rôle dans un long métrage, connue pour ses contributions musicales) mais son rôle de narratrice nous pousse presque à remettre en doute tout ce qu’elle nous dit.

Les détails dans le cadrage sont soignés, la musique est omniprésente ainsi que parfaitement calibrée, arrangée et représentative de la culture de l’époque.

La culture, justement, est un mélange aux sujets ambivalents. Inherent Vice est en fait un voyage dans le temps, avec les risques, les travers et les excès magistralement décrits. C’est une presque politique et sociétale comprenant énormément de sous-entendus sexuels dignes de la Californie des années 60 et 70. Le film nous plonge dans la fin d’une époque, d’un choc des cultures entre les hippies et les institutions.

Les acteurs sont impeccables, avec les échanges entre Wilson – Phoenix particulièrement captivants! Une question se pose concernant le casting trop large, avec un nombre très conséquent d’acteurs et actrices, demandant trop d’effort dans la reconstruction des histoires avec des rôles parfois insignifiants

Paul Thomas Anderson, pour ce qui est un film fort mais clairement pas son meilleur, nous pousse presque à chercher un sens caché dans chaque nom, chaque décor, chaque scène, mais il faut se souvenir que la création ne vient pas de lui. Il n’en est que l’illustrateur et, à mon avis, l’Oscar pour l’adaptation devait revenir à Inherent Vice pour l’œuvre et le monde conçu par le romancier ultra-reclus Thomas Pynchon.

Inherent Vice est une expérience, presque une hallucination. C’est un film de camé, névrotique presque, mais quel film. Comme la drogue prévalente dans le film, on sait que l’on ne devrait pas s’y exposer, mais on en veut encore.

On a presque besoin de films pareils de temps en temps.

Si vous supportez sa durée, vous en sortirez indemnes.

Noté : 4 / 5

Bande-Annonce

Casting

Joaquin Phoenix
Josh Brolin
Katherine Waterston
Owen Wilson
Reese Witherspoon
Benicio del Toro
Jena Malone
Joanna Newsom
Michael K. Williams
Martin Short

Détails

Date de sortie en Suisse: 04.03.2015
Réalisateur: Paul Thomas Anderson
Pays de production: Etats-Unis
Durée du film: 149 minutes
Genre: Comédie / Drame

(Images droits réservés)

REVIEW OVERVIEW
Noté
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J’ai obtenu en septembre 2013 mon Master de HEC Lausanne et je m'occupe ainsi de la majorité de l'aspect commercial et partenariats du webzine. C’est avec enthousiasme que j’ai rejoint David, Hervé et Sven en mai 2014 pour créer Le Billet, et je me réjouis d'y contribuer dans la durée!