Une artiste folk de Portland serait peut-être la grande découverte de cette fin d’année. Chris Pureka, cette jeune femme à l’allure androgyne, nous balade grâce à sa voix sobre, sombre, mélangée à une sensation de rupture émotionnelle, semblable à une envie profonde de prendre le large.

Ce sentiment de solitude s’accentue grâce à ce timbre vocal singulier, reconnaissable par cette note « cassée » très puissante quand elle prend de la hauteur – à l’image de Ryan Adams. Guitare solo et ambiance trouble, Back in the Ring lance l’épopée mélancolique d’une femme blessée, au tempo varié et au message lourd. La ballade de Back in the Ring laisse place à Holy, morceau tout aussi désabusé et lent. Betting on the Races, lui, amène une touche plus joyeuse, plus énergique, plus colorée.

Le reste de l’album prolonge ce voyage solitaire et ô combien poignant. Chris Pureka laisse toute sa vulnérabilité sur cet opus. De Blind Man’s Waltz à l’excellent Bell Jar, cette petite pépite musicale ressemble à l’Oregon, entre atmosphère aride et humide, entre joie et tristesse. Back in the Ring s’avale, se déguste et se réécoute.

Apparu le 16 septembre sur le label Haldern Pop Recordings, le « nouveau bébé » de Pureka se profile comme l’un des albums à découvrir en cette fin d’année. Une puissance émotionnelle symbolisée par cette voix définie comme « un faisceau directionnel unique », se plait à écrire un journaliste à son sujet. Pour nous, c’est du pur (et simple) bonheur.

Chris Pureka | Silent Movie