NIFFF 2014 New Cinema From Asia: The Raid 2 – Berandal

Gareth Evans continue sur sa lancée et redéfinit une nouvelle fois le cinéma d'action dans une suite au scénario un peu plus ambitieux.

0
551
Iko Uwais, Cecep Arif Rahman, "The Raid 2: Berandal", NIFFF 2014, New Cinema From Asia, Pt. Merantau Films, Sony Pictures Classics.

A peine remis de ses émotions, Rama (Iko Uwais) est enrôlé malgré lui dans une brigade anti-corruption dirigée par Bunawar (Cok Simbara). Le deal est simple : Rama doit infiltrer la mafia locale et trouver des preuves à charge compromettant à la fois Bangun (Tio Pakusodewo), chef d’une puissante organisation criminelle et Reza (Roy Marten) commissaire de police. En échange, sa famille sera mise au bénéfice d’un programme de protection leur évitant toutes formes de représailles.

Se faisant passer pour un villageois du nom de Yuda, Rama est incarcéré dans un pénitencier de haute-sécurité l’objectif étant dans un premier temps de s’attirer les faveurs d’Uco (Arfin Putra) fils unique du parrain de la pègre. Puis dans un second, intégrer la structure en temps qu’homme de main pour la détruire de l’intérieur.

Dans cette suite directe de « The Raid: Redemption » Gareth Evans s’est efforcé tant bien que mal d’apporter plus de profondeur à ses personnages et par ricochet à l’histoire.

En effet, le scénario de « The Raid » premier du nom, tenait sur un ticket de métro. Une unité d’élite prenait d’assaut une tour censée abriter un baron de la drogue local. A chaque niveau se dressait un nouvel obstacle insurmontable jusqu’à l’affrontement avec le boss final.

 

Gareth Evans, réalisateur, The Raid 2: Berandal, Sony Pictures Classics.
Gareth Evans, réalisateur, The Raid 2: Berandal, Sony Pictures Classics.

 

« The Raid 2 » évoque à plusieurs titres les films de gangsters de Scorsese sans pour autant en avoir la substance. Ca ressemble aux « affranchis » et aux « infiltrés » mais ça n’en a pas encore la saveur. Les personnages restent caricaturaux voire poseurs, l’intrigue n’a rien de complexe et pourrait se résumer à « papa je veux un poney » enfin, la structure du récit est à peu de choses près la même : Remplacez la tour par un restaurant avec plusieurs pièces. On salue tout de même l’exercice qui va dans le bon sens, mais soyons francs : Il y a plusieurs raisons pour lesquels cette suite était tant attendue et l’écriture n’en faisait pas partie.

 Gareth Evans a redéfini à lui seul le genre du cinéma d’action. Virtuose de la mise en scène, il repousse une nouvelle fois les limites de l’imagination et nous présente des séquences d’une rare ingéniosité. Un film d’action hollywoodien n’a tout simplement plus la même saveur après un visionnage de « The Raid 2 ».

Sa caméra accompagne chaque mouvement : une chute et c’est tout l’écran qui bascule avec le cascadeur. Une rixe ? Et il nous sort une vue aérienne pour mieux se rendre compte de l’intensité de l’affrontement. Des combattants d’une extrême dextérité ? Un plan fixe nous permet d’apprécier la beauté et la vitesse de leurs mouvements. Le mixage intensifie la violence des impacts. Lorsqu’une une batte de baseball frappe un crâne, un marteau brise un os, les sons produits à l’impact sont effroyables ! Et que dire de la fameuse course poursuite qu’on aperçoit dans la bande annonce ? Un modèle absolu du genre.

 

Iko Uwais (Rama), The Raid 2: Berandal, Sony Pictures Classics.

 

On pourrait adresser un deuxième reproche en plus de l’apparente banalité du scénario : Prakoso (Yayan Ruhian) que les fans du premier opus reconnaîtront sans doute (ce qui contribuera probablement à installer une certaine confusion dans leurs esprits), est à notre avis un personnage assez superflu. L’élément de l’intrigue le concernant aurait raisonnablement pu être coupé au montage final. Cependant, Gareth Evans sait récompenser son public  et nous offre un troisième acte d’une démesure particulièrement jouissive. En témoigne les nombreux applaudissements dans la salle ce soir là.

Le mot de la fin

Oubliez tout ce que vous savez du cinéma d’action moderne, car Gareth Evans a changé les règles du jeu. Une mise en scène inventive, un rythme effréné, une violence qui en rebutera plus d’unes/uns ternis en partie par un scénario trop ambitieux, mais certainement un film qui marquera unanimement les esprits pour les décennies à venir. Il y aura définitivement un avant et un après « The Raid 2 : Berandal »

 

The Raid 2 : Berandal

Pays : Indonésie

Réalisé et écrit par : Gareth Evans

Durée : 150 min

Genre : Action, thriller, arts-martiaux

Langue : Indonésien, anglais, japonais, arabe.

Date de production : 2014

 

Acteurs et équipe technique

Iko Uwais

Arfin Putra

Tio Pakusodewo

Oka Antara

Alex Abbad

Cecep Arif Rahman

Julie Estelle

Very Tri Yulisman

Yayan Ruhian

Cok Simbara

Roy Marten

 

Photographie : Matt Flannery/Dimas Imam Subhono

Musique : Aria Prayogi/Joseph Trapanese/Fajar Yuskemal

Montage : Gareth Evans

Maquillages : Kumalasari Tanara

Son : Sean England/Jonathan Greber

Cascades : Iko Uwais/Yayan Ruhian

 

Autres Avis

Ecranlarge.com

Studio Ciné Live via L’Express.fr

 

Bonus: Une bonne partie du film aurait pu être résolue comme suit

SOURCESite officiel
SHARE
Previous articleBrilliant Benjamin Clémentine
Next articlePaléo 2014 | Entre boue et empanadas
Je termine mes études de master en droit à l'université Genève après avoir obtenu mon Bachelor à Lausanne. Passionné de jeux vidéos, ciné & séries depuis mon plus jeune âge, je suis aussi avec ferveur les matchs du football club d' Arsenal tout en tapant dans le ballon quand l'occasion se présente. J'aime tuer le temps dans les transports, soit le nez dans un bouquin, avec un chapitre du shonen weekly jump, ou tout simplement en traînant sur internet. Je me suis fait les dents en pondant des avis pour Italic Magazine et j'écris pour Le Billet depuis juin 2014.