NIFFF 2014 Compétition Internationale: White God (Fehér Isten)

Un conte allégorique à mi-chemin entre District 9 et le joueur de flûte de Hamelin.

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Zsófia Psotta, "White God", NIFFF 2014, Compétition Internationale.

Dániel (Sándor Zsótér) a la garde partagée de sa fille Lili (Zsófia Psotta) jeune adolescente avec qui il est en complet décalage. Lili ne se sépare jamais de son chien Hagen (Body), un chien issu d’un croisement sur lesquels le gouvernement a instauré une taxe. Un jour, excédé par le comportement de sa fille, Dániel décide de la punir en relâchant Hagen dans la nature. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour Lili qui disparaît à la recherche de son animal de compagnie, tandis que celui-ci fait face à la cruauté des hommes avant d’organiser une révolte aussi sanglante que spectaculaire.

Lauréat du prix « Un Certain Regard » au dernier festival de Cannes, « White God » est le sixième long-métrage du cinéaste hongrois Kornél Mundruczó dont les thèmes phares sont l’exclusion, le rejet et la peur de l’autre. On ne peut s’empêcher de penser à « White Dog » (1982) de Samuel Fuller qui s’en approchait dans les grandes lignes.

Dans « White God » seuls les « bâtards » sont frappés par la taxe et leurs propriétaires préfèrent s’en séparer, livrant ces bêtes à elles-mêmes et surtout aux sévices de personnes mal intentionnées profitant de leur détresse dans une indifférence généralisée. On peut tirer énormément de parallèles avec l’histoire plus ou moins récente : les propriétaires de chiens croisés sont dénoncés par leurs voisins, ces chiens sont ensuite capturés et rassemblés dans des cages où on les euthanasie les uns après les autres.

Le film prend une tournure de lutte des classes fantastique dans son second acte où on ne vit plus les évènements à travers Lili mais Hagen. Un chien au départ docile qui est à juste titre le meilleur ami de l’homme, alors que dans cet univers les chiens sont pour la plupart considérés comme de la vermine. La dimension allégorique est d’autant plus palpable que les chiens se comportent comme des êtres sociaux (humains par extension): ils se réunissent, s’entraident mais surtout se montrent sans pitié lorsqu’ils se rebellent.

Techniquement bluffante, la scène d’ouverture est aussi belle qu’ingénieuse. Elle nous nous rappelle aussi combien il a dû être difficile de dresser ces 208 chiens pendant le tournage.

Le mot de la fin

« White God » est une prouesse technique déguisée en conte macabre avec plusieurs grilles de lecture évidentes. Un film particulièrement émouvant et difficile à regarder pour les amoureux de nos amis à quatre pattes.



White God (Fehér Isten)

Pays : Hongrie/Allemagne/Suède

Réalisé par : Kornél Mundruczó

Durée : 119 min

Genre : Drame, fantastique

Langue: Hongrois

Date de production : 2014

 

Acteurs et équipe technique

Zsófia Psotta

Sándor Zsótér

Lili Horváth

Lili Monori

Body (Hagen le Chien)

László Gálffi

Photographie : Marcell Rév

Scénario : Kornél Mundruczó/ Viktória Petrányi/Kata Wéber

Montage : Dávid Jancsó

Musique : Asher Goldschmidt

Effets spéciaux : Balázs Hoffmann

Dressage : Teresa Ann Miller/Aron Mezei

 

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Je termine mes études de master en droit à l'université Genève après avoir obtenu mon Bachelor à Lausanne. Passionné de jeux vidéos, ciné & séries depuis mon plus jeune âge, je suis aussi avec ferveur les matchs du football club d' Arsenal tout en tapant dans le ballon quand l'occasion se présente. J'aime tuer le temps dans les transports, soit le nez dans un bouquin, avec un chapitre du shonen weekly jump, ou tout simplement en traînant sur internet. Je me suis fait les dents en pondant des avis pour Italic Magazine et j'écris pour Le Billet depuis juin 2014.