Locarno 2014 : Jour 4

Quatrième journée de travail à Locarno, et malgré un déluge matinal, nous avons passé une belle journée.

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Concorso Internazionale : Fidélio, l’odyssée d’Alice
Lucie Borleteau – 2014 – France
Vu et rédigé par Sven Papaux

Article complet à lire ici.

Concorso Cineasti del presente : La creazione di significato
Simone Rapisarda Casanova – 2014 – Italie, Canada
Vu et rédigé par Mark Kuzmanic

La creazione di significato, en français La création de sens, est un documentaire autour de la vie en montagne d’un homme y ayant passé toute son existence. Dans la partie nord des Apennins, autour de la Ligne gothique du front de la Seconde Guerre Mondiale, Fidelio vit en quasi-autarcie dans sa maison, cultivant de quoi se nourrir et aidant quiconque passe par là.

Outre les plans me paraissant superflus à propos de la nature et qui distraient de l’histoire, le film est audacieux. Fidelio, né en 1951, suit de loin l’évolution de son pays dans le chaos envahissant graduellement le monde. Le film dépeint magistralement l’isolation de l’homme face à la catastrophe de son pays, culminant avec une scène magique: tandis qu’une altercation se produit dans un studio lors d’une émission politique de radio, Fidelio prend soin de sa maison et se prépare un feu et du thé, paraissant insensible.

On ressent de la compassion envers Fidelio, et pour l’incertitude qu’il éprouve envers l’avenir. Un très bon film!

Pardi di domani : Sleeping Giant (Court-métrage)
Andrew Cividino – 2014 – Canada
Vu et rédigé par Sven Papaux

Adam a quatorze ans, il se retrouve en compagnie de Foster et Rizzo dans une petite station balnéaire pour les vacances. Adam apprend que Foster charme Taylor, une jeune fille du coin. Furax, l’ado va se rebeller et lancer un défi à Foster à la dangereuse falaise de Todd.

Un court-métrage bien fichu avec des séquences originales. Andrew Cividing parachève son oeuvre avec une scène finale parfaitement réalisée.

Pardi di domani : Kookaburra Love
Sjoerd Oostrik – 2013 – Pays-Bas
Vu et rédigé par Sven Papaux

Originale et captivant, Sjoerd Oostrik met en scène une conversation Whatsapp entre deux amants dans ces derniers moments. Une oeuvre qui propose des images chocs, qui agresse le spectateur mais fait preuve d’une originalité qui détonne. Une histoire d’amour qui touche à sa fin avec en toile de fond la rudesse de notre monde mais aussi la subtilité du regard amoureux d’un être humain. Un mélange d’images et de séquences qui captivent.

Pardi di domani : Cai Putere
Daniel Sandu – 2014 – Roumanie
Vu et rédigé par Sven Papaux

Miahi est un homme qui descend et monte sa moto avec ses amis. Depuis longtemps, ce rituel fait parti des moeurs. Voilà qu’un jour, l’homme s’aperçoit que l’amitié ne tient qu’à un fil et qu’on peut très vite se retrouver esseulé. C’est dans ce sens là que le film prend un sens intéressant d’un point de vue relationnel. Un scénario malin et bien écrit, le court-métrage reste quand même moyen et n’atteint pas des sommets.

Pardi di domani : Single Stream
Pawel Wojtasik – 2013 – Etats-Unis
Vu et rédigé par Sven Papaux

Tourné dans l’un des plus grands centre de recyclage des Etats-Unis, nous plonge dans les bruits et l’étendue des déchets qui sont recyclés. Basé, surtout, une qualité visuelle et des plans, Single Stream se positionne comme une immersion visuelle dans les détritus. Malheureusement, le court-métrage n’a pas réussi à me captiver et j’ai vite décroché. Malgré ça, la qualité visuelle est à souligner.

Open Doors : Nelson Mandela : The Myth and Me
Khalo Matabane – 2014 – Afrique du Sud
Vu et rédigé par Mark Kuzmanic

Le documentaire est structuré sous la forme d’une lettre écrite de la part du réalisateur à l’ancien président de l’Afrique du Sud, décédé en 2013. La lettre, et donc le film, évoque au travers des yeux du réalisateur, son enfance, sa jeunesse, sa vie adulte, comment il percevait à chaque moment Nelson Mandela. L’image véhiculée par cette quasi-déité en Afrique du Sud est très puissante, mais le film ne parle en fait pas du tout de Madiba.

Non, le film est concentrés sur des personnes qui furent touchées de près ou de loin par la révolution engagée par Nelson Mandela, pour le meilleur, pour le pire, our pour ceux dont la situation est restée inchangé après la fin de l’Apartheid.

Le leadership, l’héroïsme de Mandela sont mis en avant, mais aussi (brièvement) son passé militant et militaire sous la forme d’une interview de 1961. Dès son emprisonnement, une image pacifiste de lui est projetée, tandis que la violence est laissée à d’autres acteurs tels Steven Biko (pas mentionné durant le film).

Me donnant parfois la chaire de poule, le film termine sur une question posée par Tariq Ali: « Mandela ne s’est-il pas pris pour Dieu à un moment? Car en effet, seul Dieu pardonne. » en référence à sa libération de l’île de Robben. D’autres personnes, jeunes, lancent le débat sur le chemin restant à parcourir.

Un très bon documentaire.

Fuori Concorso : Parole de Kamikaze
Masa Sawada – 2014 – France, Japon
Vu et rédigé par Mark Kuzmanic

Le 09.08.1945, la ville de Nagasaki au Japon fut victime du second bombardement atomique de l’Histoire, avec Hiroshima la précédant de trois jours.

Il était donc propice qu’un documentaire à propos d’un ancien kamikaze japonais soit présenté en ce jour.

Avec le temps qui passe, je trouve d’une importance capitale le fait de réaliser ce genre de films, étant donnée que de moins en moins de personnes sont en vie qui puissent nous transmettre leur expérience, leurs souvenirs et leurs avertissements.

En voyant ce film, il est toujours fascinant de se plonger dans la culture militaire japonaise, ayant ses origines codifiées dans le Bushido des samuraï.

La culture, la discipline et l’idéologie mise en place semble insensée. Des pilotes étaient placés dans de petits planeurs (appelés Ohka et signifiant fleur de cerisier), largués depuis un avion, et qui, n’ayant pas de moteur, ne pouvaient que perdre de l’altitude. Leur objectif? S’écraser sur les frégates et porte-avions américains. Les pilotes étaient des kamikazes (Kami signifiant « esprit » ou « démon », Kaze signifiant « vent »).

En manque d’images d’archive, le documentaire semble parfois plat, mais la vie de Fujiyo Hayashi mérite la reconnaissance de chacun, et cette oeuvre poignante rend hommage au sacrifice de ces hommes.

Concorso Cineasti del presente : Un jeune poète
Damien Manivel – 2014 – France
Vu et rédigé par Sven Papaux

A peine sorti de l’adolescence, Rémi rêve de devenir poète et tente de chercher l’inspiration. Sous le soleil de la ville de Sète, notre jeune poète arpente les rues à la recherche de vers bouleversants. Mais par où commencer ?

Le film s’apparente à une simple promenade en compagnie de Rémi. Cherchant le génie au plus profond de lui-même, le jeune homme va faire la rencontre de personnages au gré des ses péripéties. Complètement aveuglé par sa recherche continuelle de poèmes endiablés, Rémi en devient lancinant et ennuyeux. Naïf et enfantin, le personnage que joue Rémi Taffanel est vide de sens. Un jeune poète est bien trop simpliste pour donner quelque chose. Damien Manivel met en scène un poète qui cherche l’inspiration et bien c’est, peut-être, lui qui devrait d’abord chercher l’inspiration.

Une réelle déception que ce film, mon attente était grande.

Concorso Cineasti del presente : Hold Your Breath Like a Lover
Kohei Igarashi – 2014 – Japon
Vu et rédigé par Mark Kuzmanic

Un film complètement indifférent qui semblait partir sur de bonnes bases, mais qui rapidement se voit tiraillé dans quatre directions différentes sans lien entre elles. Du coup, les ressources sont gaspillées.

Je vous laisse avec le descriptif du festival, car pour ma part, je n’ai pas tenu jusqu’à la fin.

« 30 décembre 2017. Deux ans avant les jeux olympiques de Tokyo, une révision de la constitution japonaise crée une Force de défense nationale qui commence des manœuvres militaires. Dans une usine d’incinération, un chien s’est perdu mais Tani est revenue bredouille lorsqu’elle est partie à sa recherche. À l’intérieur de l’usine, Yanais enlève les décorations de Noël et les remplace par celles du Nouvel an. Gou, fanatique de jeux de combat, entre dans l’usine de nuit et commence une partie de jeu vidéo avec Ken, bien que ce soit son jour de congé. Adachi les regarde jouer, juste pour tuer le temps. Ils partagent pourtant tous les mêmes problèmes: la grossesse, l’adultère, des problèmes familiaux et le deuil d’un ami mort à la guerre. De son côté, Tani, perturbée par l’immoralité de sa liaison avec Adachi, commence à ressentir la présence de son père, le directeur de l’usine censé être mort. »

Piazza Grande : Marie Heurtin
Jean-Pierre Améris – 2014 – France
Vu par Mark Kuzmanic et Sven Papaux

Notre journée s’est terminée en apothéose. Le film Marie Heurtin, un film biographique à propos d’une fillette sourde, muette et aveugle dans la France du XIXème siècle, fut projeté pour la presse un jour avant sa projection sur la Piazza Grande prévue le soir du 10 août. Nous avons les deux été profondément touchés, bouleversés et émus par la puissance et la beauté dégagée par cette oeuvre. Nous allons prendre le temps demain de rédiger un billet individuel que ce film mérite, et le publierons dès qu’il sera prêt!

Un programme relativement léger prévu pour ce dimanche, malgré trois (!) films en compétition pour le Léopard d’Or, et qui sera consacré à la préparation de nos interviews à venir durant le semaine.

Bonne nuit/journée!