Dawn Of The Planet Of The Apes (La Planète Des Singes: L’Affrontement)

Deuxième opus magistral qui entérine au passage le mécanisme de la sélection naturelle.

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Tobby Kebbell, "Koba", Dawn Of The Planet Of The Apes (La Planète Des Singes: L'Affrontement), 20th Century Fox.

Dix ans se sont écoulés depuis les évènements qui ont vu César (Andy Serkis) et les siens briser leurs chaînes avec fracas pour se retirer à l’abri dans un parc naturel. Dans le même temps, le mutagène responsable de leur spectaculaire transformation a causé la mort de millions d’êtres humains. Ceux qui n’ont pas péri pour cause de maladie trouvèrent la mort dans les combats qui durèrent tout aussi longtemps. Les ressources se faisant de plus en plus rares, les humains se sont fatalement retournés les uns contre les autres. A l’inverse de la communauté de César qui elle a prospéré. Se familiarisant avec leurs nouvelles facultés, le groupe s’est organisé en véritable société : les petits apprennent les rudiments du langage écrit et oral, parfaitement à l’aise avec le langage des signes. Les femelles sont guérisseuses, sages femmes ou institutrices enfin, la chasse incombe aux mâles qui ont recourt à des stratégies avancées pour traquer leurs proies ou repousser les assaillants.

Dix ans qu’ils n’ont plus revu d’humains, jusqu’à ce jour où un petit groupe mené par Malcolm (Jason Clarke) traverse leur territoire et attaque un jeune singe dans la confusion. Luttant pour leur survie, leur salut reposerait de l’autre côté de la forêt, là ou se trouvait l’ancien barrage. Le courant leur octroierait non seulement une dose de confort/réconfort supplémentaire mais encore, un moyen de communiquer avec d’éventuels survivants.

César et Malcom essaieront de trouver un terrain d’entente permettant à leurs camps respectifs de cohabiter, mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. La guerre semble être inévitable et un camp a nettement l’avantage du terrain.

 

Kirk Acevedo (Carver), Jason Clarke (Malcolm), Kodi Smith-McPhee (Alexander), Enrique Murciano (Kemp), Keri Russell (Ellie), Dawn Of The Planet Of The Apes, 20th Century Fox.
Kirk Acevedo (Carver), Jason Clarke (Malcolm), Kodi Smith-McPhee (Alexander), Enrique Murciano (Kemp), Keri Russell (Ellie), Dawn Of The Planet Of The Apes, 20th Century Fox.

 

Excellente surprise, « La Planète des Singes : Les origines » était un énième remake/reboot que Hollywood nous sortait de derrière les fagots il y a trois ans de cela. 2010 nous ayant gratifié de « Conan » et « Le Choc Des Titans » autant dire que l’appréhension était grande. C’est pourquoi le résultat final est si surprenant. On savait qu’un reboot finirait par arriver (aucune franchise n’était à l’abri), pas qu’il serait aussi bon et rafraichissant. Intelligent, touchant et techniquement remarquable. Le premier film avait dans le même temps permis à Andy Serkis d’asseoir un peu plus son statut de maître absolu dans l’exercice de la « motion capture ». Pour cette suite aussi ambitieuse qu’attendue, le studio s’est séparé de Rupert Wyatt (divergences créatives) pour Placer Matt Reeves (Let Me In, Felicity) à la barre.

Toutes les trilogies ont un point culminant, un épisode qui fait et fera l’unanimité pendant longtemps. Que ce soit « Le Retour du Jedi » ou récemment « Le Chevalier Noir » ces films ont su transcender leur  genre, utilisant les éléments de leur premier opus comme fondations pour se hisser vers des sommets. « La Planète Des Singes : Le Commencement » est définitivement un film de cette trempe.

Le film sait ce qu’il est : un film sur des singes qui deviennent progressivement l’espèce dominante sur la planète. Comment y parviennent-ils ? Le premier acte se focalise entièrement sur César et les siens pour nous apprendre à quel point tout est en place pour qu’ils nous surpassent. Des êtres matérialisés par des images de synthèse qui interagissent principalement dans le langage des signes.

On est fasciné par le niveau technique des effets spéciaux : un photo-réalisme qui n’a strictement rien à envier à « Avatar ».

Jamais des singes virtuels n’auront paru aussi « vrais » et que dire du paysage décrépit de San Francisco, plus proche d’une forêt tropical car la nature a entre-temps repris ses droits. D’un autre côté, on s’attache à ces êtres poilus car leurs interactions ont ce quelque chose de si « humain ». Il y a un certain effort d’individualisation, de nombreux singes ont une apparence et une personnalité qui leur est propre. César le singe dominant en fait partie, campé par un Andy Serkis définitivement au sommet de son art (tiens, ça rime avec Oscar). Il a conscience que malgré leur intellect sur-développé, les singes ne suivent que le mâle alpha. A lui de faire les efforts pour asseoir son autorité et remettre les dissidents dans le rang. En s’efforçant toutefois de respecter un principe cardinal: « Les singes ne s’entretuent pas ».

 

Toby Kebbell (Koba), Dawn Of The Planet Of The Apes, 20th Century Fox.
Toby Kebbell (Koba), Dawn Of The Planet Of The Apes, 20th Century Fox.

 

D’autres singes ont un traitement similaire cependant, c’est son fidèle lieutenant Koba (Toby Kebbell) qui tire réellement son épingle du jeu. Quand César coulait des jours « heureux » chez Will (James Franco) dans le premier film, Koba s’est vu infliger les pires sévices tel un rat de laboratoire. Pour les humains il n’éprouve que haine et dégout. Et il n’est hélas pas le seul singe dans ce cas là. César devra concilier son affection pour les humains et l’intérêt de son peuple qui finiront inexorablement par diverger.

Malheureusement tout n’est pas parfait: alors qu’un soin tout particulier a été accordé aux singes, l’aspect humain fait pâle figure en comparaison.

Seul Jason Clarke et Gary Oldman, « Dreyfus » leader de la colonie humaine ayant trouvé refuge dans ce qu’il reste de San Francisco, ne font pas uniquement tapisserie. Leurs personnages sont bien écrits, développés et intéressants. En particulier Dreyfus qui est plus qu’un méchant classique, là encore, un aspect qui nous aura pris à contrepied. Cela reste en définitive bien maigre car, les seconds rôles sont au hasard inutiles ou stéréotypés. Les méchants sont méchants, les femmes aides-soignantes ou demoiselle en détresse c’est selon, les ados perturbés parce que les hormones, tout ça.

Tout ce beau monde finira par s’affronter dans un dernier acte à la mise en scène spectaculaire. Alternant vue subjective et plans larges dans des affrontements où des singes armés jusqu’aux dents chevaucheront jusque dans la colonie, un résultat aussi époustouflant qu’effroyable.

Le mot de la fin

« La Planète Des Singes : Le Commencement » est ce vers quoi un film à grand spectacle estival pour 13 ans et plus (PG-13) devrait tendre. A certains égards moins profond que le précédent opus, il compense par son rythme, sa technique irréprochable, son sens du spectacle, des moments particulièrement émouvants et quelques performances de très haut-vol. Les superlatifs nous manquent car il est tout bonnement incontournable.

La Planète des Singes : L’Affrontement (Dawn Of The Planet Of The Apes)

Pays : USA

Réalisé par : Matt Reeves

Durée : 130 min

Genre : Action, science-fiction, drame.

Date de production : 2014

 

Acteurs et équipe technique

 Andy Serkis

Jason Clarke

Gary Oldman

Keri Russell

Toby Kebbell

Kodi Smit-McPhee

Kirk Acevedo

Karin Konoval

 

Photographie : Michael Seresin

Musique : Michael Giacchino

Montage : William Hoy/Stan Salfas

Direction artistique : Naaman Marshall

Maquillages : Anju Bemben

Effets spéciaux : John S.Baker/Alex Burdett

Effets visuels : Shaun Friedberg

Animation : Vincent Caudeville

 

Autres avis

Rottent tomatoes 91%

IMDB 8.4

The Telegraph 4.5

IGN 9.5/10