Brooklyn

"Home is home."

0
700
Brooklyn - Image droits réservés - © 20th Century Fox

Déguerpir vers une lointaine contrée pour y trouver une vie meilleure. C’est le pari que tente Eilis Lacey (Saoirse Ronan) en hissant les voiles direction les Etats-Unis dans les années 50. Loin de son Irlande natale, la jeune femme se sentira seule et démunie loin de sa famille, et plus particulièrement de sa soeur, Rose (Fiona Glascott). Se sentant esseulée, Eilis fera la rencontre de Tony (Emory Cohen), un immigré Italien, qui lui fera oublier son mal du pays. Malheureusement, une terrible nouvelle vient chambouler le bonheur de Eilis et provoquera un retour inopiné dans son pays. Ce retour temporaire s’avérera très compliqué sur le plan moral et sentimental…

L’herbe est toujours plus verte chez le voisin. Brooklyn peut s’apparenter à cet adage très populaire. Malgré ce raccourci, le métrage ne traite pas d’une problématique mais de deux problématiques. Outre ce sentiment de solitude et de mal-être qui habite Eilis, la thématique de l’amour prend une place prépondérante dans le récit. Oui, la romance est omniprésente et compliquera la tâche de notre jeune protagoniste.

Crise existentielle à New York

Arrivée tant bien que mal à New York – son départ d’Irlande, en bateau, ne fut pas une partie de plaisir -, Eilis débarque dans une sorte de pension où Mme Kehoe – Julie Walters est excellente et hilarante – en est la responsable. C’est là que l’immigrée prendra ses quartiers pour débuter sa vie new yorkaise en compagnie de Patty (Emily Bett Rickards), Diana (Eve Macklin) et Sheila (Nora-Jane Noone). Ces femmes seront les « grandes soeurs » et accompagneront leur « petite soeur » pour comprendre cette nouvelle culture, et appréhender le rythme effréné qui règne à Brooklyn.

Les "grandes soeurs" de Eilis - BROOKLYN. Photo by Kerry Brown. © 2015 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights Reserved
Les « grandes soeurs » de Eilis – BROOKLYN. Photo by Kerry Brown. © 2015 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights Reserved

Après une période d’adaptation, Eilis va enfin donner le tour et débutera une nouvelle vie qui lui procurera un réel sentiment de bien-être. Sans crier garde, la jeune femme fait la rencontre de Tony Fiorello, un immigré Italien très attaché aux Irlandaises. Au contact du charmant et attachant Tony, la timide et introvertie Eilis se voit pousser des ailes et vit pleinement sa nouvelle vie, épanouie comme jamais.

Bien malheureusement, les circonstances poussent Eilis à retourner chez elle après une terrible nouvelle. Ce retour provoquera un chambardement, car son coeur se trouve à NY, une vie qu’elle affectionne aux côté de Tony. Mais voilà qu’elle rencontre un autre prétendant, Jim Farrell (Domhnall Gleeson), un individu qui va considérablement compliqué les choses. Si l’homme est attentionné, sa richesse fait de lui un homme plus attrayant pour Eilis. Eilis, tiraillée et incertaine, hésite à reprendre le cours de sa vie dans son village natal, tout en oubliant pourquoi elle s’était décidée à sauter le pas, pourquoi elle avait immigré au pays de l’Oncle Sam. Les raisons de son départ ne sont jamais très lointaines…

Mélancolie et intimité

Tiré de l’oeuvre du romancier Colm Toibin, et scénarisé par Nick Hornby – l’auteur de l’excellent An Education -, Brooklyn est une histoire d’amour, mais la mélancolie rend cette histoire particulièrement attractive. Axé sur le personnage de Eilis Lacey, le récit se veut intime, proposant des scènes d’une intense tristesse. Nous pouvons citer cette somptueuse séquence où Frankie, un sans-abri venu manger son repas de Noël, interprète un chant typiquement irlandais, où l’émotion submerge Eilis, et nous par la même occasion. Cette scène – le chant est interprété par larla Ò Lionaird – illustre une histoire qui tient sur le fil du rasoir, où le bonheur et l’amour sont un bijou à polir avec le temps.

Parfaitement écrit par Nick Hornby, nous pouvons coupler le travail de John Crowley (Boy A) à la réalisation. Très sobre et délicat, le travail de Crowley magnifie un excellent casting. Saoirse Ronan interprète le meilleur rôle de sa jeune carrière. À travers son regard bleu, son jeu timide et sa justesse, Ronan réussit à se sublimer et délivre une performance élégante et poignante. Outre Ronan, Domhnall Gleeson est charmant en fils à papa, mais celui que nous retenons, c’est Emory Cohen. Aperçu dans The Place Beyond The Pines, l’acteur de 26 ans excelle dans le rôle de Tony. Cohen et Ronan s’accordent parfaitement et forment un couple attachant, élégant.

Brooklyn est un film profond, dont la construction est minutieusement pensée. La crise personnelle conjuguée à cette romance font de Brooklyn un somptueux film, ponctué de hauts et de bas. C’est merveilleux et triste à la fois. Brooklyn est tout simplement un beau film.



Brooklyn | Bande annonce

Fiche technique :

Réalisé par : John Crowley
Date de sortie : 9 mars 2016
Durée : 1h53min
Genre : Romance, Drame
Pays : Irlande, Grande-Bretagne, Canada
Scénario : Nick Hornby, Colm Toibin
Photographie : Yves Bélanger
Musique : Michael Brook
Distributeur Suisse : Fox-Warner

Casting :

Saoirse Ronan
Emory Cohen
Domhnall Gleeson
Jim Broadbent
Julie Walters
Jessica Paré
Brid Brennan
Fiona Glascott
Emily Bett Rickards
Eve Macklin
Eileen O’Higgins