The Judge

David Dobkin tenait potentiellement entre ses mains le plus grand succès de sa carrière, presque dix années après les Wedding Crashers (Serial Noceurs).

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En salles le 15 octobre

En voyant la distribution des rôles, entre Robert Downey Jr. et le légendaire Robert Duvall, la première chose qui me venait à l’esprit était de voir comment Duvall tiendrait-il encore dans un premier rôle. La réponse? Avec brio.

Le film n’offre par contre rien d’innovant, et c’est là son plus grand défaut. Dans le genre du « courtroom drama » (traduit en français « drame au tribunal »), The Judge greffe à l’intrigue classique du coupable/non-coupable une dimension familiale complexe et captivante. Le film aurait facilement pu s’appeler The Father tant le personnage de Duvall est à l’origine de tous les maux.

Downey joue le rôle de Hank Palmer, un avocat réputé, efficace et sans pitié vivant à Chicago. Originaire d’une petite ville de l’Indiana, Hank apprend le décès de sa mère et y retourne pour ses obsèques. En plus des retrouvailles avec Joseph (Robert Duvall), son père froid et distant, Glen (Vincent D’Onofrio, Full Metal Jacket, Men in Black), son frère aîné dont la carrière sportive fut ruinée, Dale (Jeremy Strong, Lincoln, Zero Dark Thirty), son frère cadet simple d’esprit fasciné par la caméra, et Samantha (Vera Farmiga, The Departed, Up in the Air), son ancienne petite-amie, Hank sera aux première loges pour faire face à une procédure juridique envers son père.

Nous retrouvons dans The Judge le Robert Downey Jr. typique du second souffle de sa carrière. Un rôle dans la veine traditionnelle de Tony Stark, avec son détachement, sa diction et son humour attitré, le tout parfaitement combiné. Le ton est rapidement donné lorsqu’il déclare en aparté d’un procès que « les innocents n’ont pas les moyens de retenir mes services ». Nous avons affaire à un Docteur House du tribunal.

Pourtant c’est bien autour de Robert Duvall que gravitent le film et l’intrigue. Du haut de ses 83 ans, il transmet au public, avec plus ou moins de succès, un éventail d’émotions : de la sympathie, de la rancœur, du doute. Dans le film, son personnage est juge depuis plus de quarante années dans sa petite ville natale. Il est un homme de principes, il est un homme juste, mais surtout il est devenu la loi incarnée. Il est un homme soucieux de son héritage, mais autoritaire avec sa famille.

Ces deux acteurs sont bien les points positifs du film. Une complémentarité indéniable, avec des acteurs secondaires impeccables dans leurs rôles (un grand bravo à Emma Tremblay, qui joue avec brio la fille de Hank), mais si on gratte un peu plus loin que le charisme de Downey Jr., on ne se retrouve avec que très peu d’éléments tangibles d’un film remarquable. Les moments dramatiques sont exagérés et brusques, les développements poussifs (que l’idée de la démence n’apparaisse pas plus tôt dans le scénario me paraît tout bonnement fou) et les plans usés aux possible, avec des ralentis et effets de lumière abusifs.

Billy Bob Thornton est probant dans son rôle de procureur, et le film devient plus passionnant au fil du temps avec une dose d’intrigue solidement mise en scène, mais le message que le film veut nous faire passer à propos de la vie et des valeurs est forcé.

Porté par les acteurs ainsi que par une bonne musique, The Judge est un bon film, un poil longuet et lent, mais l’intensité des moments dans l’Indiana entre la situation familiale et la locution « Dura lex, sed lex » ne vieillit jamais. Dommage qu’on ait déjà tout vu dans des films tels A few Good Men et A Time to Kill, mais The Judge met en exergue ses forces et présente un cas robuste.

Noté : 3.5 / 5

Bande-Annonce

Casting

Robert Downey Jr.
Robert Duvall
Vera Farmiga
Billy Bob Thornton
Vincent D’Onofrio
Jeremy Strong
Dax Shepard
Leighton Meester
Ken Howard
Emma Tremblay
Balthazar Getty
David Krumholtz
Sarah Lancaster
Lonnie Farmer
Mark Kiely

Détails

Date de sortie en Suisse: 15.10.2014
Réalisateur: David Dobkin
Pays de production: Etats-Unis
Durée du film: 141 minutes
Genre: Drame

(Images droits réservés)

REVIEW OVERVIEW
Noté
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J’ai obtenu en septembre 2013 mon Master de HEC Lausanne et je m'occupe ainsi de la majorité de l'aspect commercial et partenariats du webzine. C’est avec enthousiasme que j’ai rejoint David, Hervé et Sven en mai 2014 pour créer Le Billet, et je me réjouis d'y contribuer dans la durée!