Un peu de retard dans mon compte rendu, mais ça y est, c’est bon, on y va…

Le Great Escape Festival fête ses 10 ans cette année et on y était. Pour ceux qui connaissent pas TGE (The Great Escape), c’est 3 jours, 400 groupes, 35 scènes, des concerts de 30 mn et des videurs agaçants avec des compteurs à main pour vérifier la capacité de chaque salle et un slogan ravageur « one in, one out ».

Cette année, on partait à sept. Trois étaient déjà à Londres depuis le début de la semaine, trois (dont votre serviteur) partaient à l’aube de Genève le jeudi et le dernier avait décidé de traverser France et Manche en train et de nous rejoindre dans l’après-midi du jeudi. Départ à l’aube donc, petit déjeuner « full english », traditionnel cassoulet sur toast, bacon bouilli et champignon cramé, une première petite bière et direction le Komedia où on commence la journée avec le concert de Klo, intéressant duo australien, que l’on avait sélectionné dans le programme gargantuesque tant pour l’intérêt de leur musique que pour la jolie chanteuse. La musique donc, intéressant combo d’une petite voix et de beats électro lent et tranquille. Un concert frais dans une cave de Brighton, idéal pour commencer le festival. Ensuite, n’ayant rien à faire pendant une trentaine de minute, nous décidons d’assister à Flyying Colours (article ici), australiens eux aussi. La baffe fut à la hauteur de la surprise : excellente énergie rock, son brit-pop par endroit, période Pulp ou Supergrass, quasi post-rock dans certaines transitions, le groupe méritera vraiment qu’on le voit pour un vrai concert, plus long, une autre fois. Nous montons ensuite à l’autre salle du Komedia, où Swiss Music Export offre l’apéro et les sandwichs et où nous assistons au showcase de Puts Marie, presque une habitude pour moi, une grosse impression pour mes amis, que le regard fou de Max Usata, les guitares blues et la batterie rageuse auront impressionnés.

Klo / The Great Escape / Tous droits réservés
Klo / The Great Escape / Tous droits réservés

Direction le pub Prince Albert, pour voir les très attendus Mile Me Deaf. Combo autrichien, étrange assortiment capillaire (du Cousin Machin de la Famille Adams pour le chanteur-guitariste aux One Direction pour le bassiste-leader-mais-pas-vraiment-chanteur), les gamins envoient finalement bien, même si ce n’est pas le truc du siècle non plus. Petite pause sieste, on est rejoint par le reste de la troupe et on se prépare pour une soirée à travers la ville.

18h tape quand on rentre sous les voutes du Hub pour voir JPNSGRLS (prononcer Japan’s Girls). Au-delà de cette sale mode de faire des noms en ne gardant que les consonnes (qu’est-ce-qui va pas avec les voyelles?), l’énergie du groupe ne compense pas le manque d’intérêt… c’est sympa, mais un peu convenu, voire un peu daté. On bouge ensuite voir Stal, bonne musique, bon son, bonne énergie : un groupe sympa, pour passe un bon moment, avec un excellent single (Gone).

Après ce concert, notre planning part en live : on décide bêtement d’aller bouffer un fish and chips sur le bord de mer. Bêtement parce que (1) c’était pas bon du tout, because England and co et parce que (2) quand on revient sur la plage, il y a une queue de 100 m devant un Brighton Coalition déjà plein… On attend 40mn, mais rien n’y fera, on loupera Lapsley, Ibeyi et Shamir… chienne de vie.

On bouge finalement, agacés, pour aller voir Tei Shi. Annoncés par Gigwise, notés dans ma liste, on s’attend à un bon truc. Finalement honnête, mais un peu décevant, le live ne soulève pas les foules. On passe brièvement ensuite à l’étage supérieur voir The Lytics et là on regrette de ne pas être monté plus tôt ! Du hip-hop à l’ancienne, 4 Mc’s et 1 DJ, ça envoie, ça rigole, ah Brighton et ses surprises au moment le plus inattendu. On redescend voir Haelos. Très intéressant, bon son, bons rythmes… Le groupe a la particularité de jouer avec 2 batteurs, marrant.

Autre lieu, l’Unitarian Church, autre ambiance, assis, calme et feutré, autre concert, avec les Français de Saycet. Un duo/trio fascinant, conceptuel et beau, pur et lyrique, avec chaque lumière, chaque son finement étudiés et rendus. Ils passent bientôt à l’Amalgame d’Yverdon, ne les ratez pas. On décide de finir la soirée au Wagner Hall et rebelote, on se retrouve à attendre des plombes devant la porte, one in one out, mais cette fois on insiste et on a raison. Si on rate malheureusement les 3/4 du concert de The Bohicas (à rattraper, ça semblait bon), on est par contre idéalement placé pour Jack Garratt (article ici), la baffe du weekend. Le gamin pourra vous paraître une nouvelle relance de James Blake, mais c’est bien plus que ça. Songwriter certes, guitare ok, mais jusqu’à ce que les basses partent et viennent vous faire vibre le corps entier. Le rouquin est sympa, blague un peu par ci par là, visiblement heureux d’être là. Ça tombe bien, nous aussi. Il passera au MJF et provoquera le 10 juillet un dilemme terrible avec Portishead juste à côté. On rentre finalement exténués, bien décidés à tout donner le lendemain.

Jack Garratt / The Great Escape / Tous droits réservés
Jack Garratt / The Great Escape / Tous droits réservés

Deuxième jour et on part en recherche d’un « secret gig » annoncé par l’appli : Demob Happy, dans une ancienne prison. On arrive tôt, c’est reporté, essayons Forever Pavot sur la plage. Le bordel pour rentrer, un videur agaçant, on en a marre et on repart vers notre prison. On finit par rentrer (le truc est limité à 25 personnes, ils doivent faire 2 concerts) et on se retrouve au sous-sol, dans un ancien cachot victorien à écouter un aimable groupe de Brighton, entre deux affiches sur la police anglaise au XIXème… marrant. On remonte et on traîne un peu, avant de se faufiler au Patterns pour jeter un œil à Oliver Heim. L’artiste polonais a plutôt une bonne réputation, mais globalement c’est ennuyeux. Essai au-dessus avec Flight Brigade : même sanction. On décide de se casser du bord de mer pour aller voir une valeur sûre, les meufs de PINS. Déjà aperçues en Islande à Airwaves dans une cave de pub, leur musique perd un peu dans le cadre beaucoup plus grand du Dome Studio. Ça reste néanmoins plus qu’appréciable, tant le groupe envoie par moment, dans un joyeux bordel, finalement assez organisé.

Une petite pause et on retourne au Patterns. Pensant voir Andy Shauf, un changement de programme nous file Osca. Aimable resucée du Coldplay de la première heure, on peut toujours y voir le verre à moitié vide ou plein : c’est has been depuis 10 ans au moins, mais finalement revoir de la bonne pop type A rush of blood to the Head dans une cave avec 50 personnes un vendredi après-midi, c’est pas si mal.

Autre salle, autre ambiance, avec les OVNI de The Garden. Le duo complètement barré joue une espèce de punkabilly élégant et frappeur, avant que le batteur ne balance ses baguettes pour venir sur le devant de la scène et commencer une sorte de duo type Prodigy, dans une joyeuse énergie. La bière était horrible, mais le spectacle amusant. On regarde un bout de Bully, ni convaincus, ni dégouttés, un peu indifférents, puis on bouge à Furs pour le constat que si la chanteuse est charmante, la musique est assez chiante. Après-midi mitigée, mais amusée, notre petit groupe bouge à H. Hawkline pour profiter d’un sympathique concert de pop marrante, enjouée et dansante, un truc cool à écouter l’été, l’Angleterre dans ce qu’elle fait de mieux.

Le prochain move nous emmène à Vaults (pas mal), Sam Sure (ouais, bon) et, surtout, Honne (article ici), une des destinations du weekend. Sensation un peu mystérieuse par ses clips, on se sait trop à quoi s’attendre : groupe complet, mec seul en set électro, duo… C’est finalement un groupe entier, un peu à l’ancienne qui se présente sur scène, afin de nous proposer un concert tout en douceur et soul, véritable moment de coolitude dans cet univers de brutes, mec ! On essaie ensuite de se faufiler dans l’autre salle du Komedia, mais toute la connerie du videur nous tombera dessus. One in, one out, enjoy the queue (si le mec connaissait la traduction littérale du truc en français). Bref, on loupe Ghost Culture, dans un sanglot matiné de Gin n’tonic, la vie est une bitch. La soirée se finira dans le bar habituel, le Sticky Mike’s Frog.

The Garden / The Great Escape / Tous droits réservés
The Garden / The Great Escape / Tous droits réservés

Le lendemain, dernière journée oblige, on est un peu crevé, mais d’attaque. Un brunch plus tard, on court au Patterns où c’est la journée Iceland Airwaves, ce qui signifie qu’il n’y a que des groupes islandais et donc que des bons groupes. On assiste aux excellents Soley, magnifique concert où chaque détail, chaque instant, chaque son est pensé et sublime. Certains restent pour Low Roar et ils ont raison. Nous décidons de bouger à Bristol (article ici), projet de certains ex-Nouvelle Vague. Uniquement des reprises de trip-hop 90’s, tout en analogique 60’s. Sublime et déroutant, on se demande parfois quelle est la chanson originale, le tout est porté par un chanteur guitariste absolument génial et fascinant. Un projet pas taillé pour faire des stades, mais dans un cadre magnifique comme le Spiegeltent, quel bonheur. On passe brièvement se faire chier à Junius Meyvant, sympathique joueur de guitare au demeurant, et en revenant au centre du festival on assiste au très intéressant concert du duo de Tusks. Très bon, précis, un peu envoutant, une jolie surprise avant de partir faire la queue à l’autre bout de la ville devant une église. Bon, il faut dire que Gaz Coombes (article ici), ex-leader de Supergrass, idole des 90’s, y joue son nouvel album, lequel a été encensé par toutes les critiques. On attend, on s’installe au balcon et on ne sera pas déçu. Magnifique de bout en bout, on sera même bouleversé sur le grandiose 20/20. Commencer à 16 ans et être toujours aussi incroyable 23 ans plus tard, tiens, prends ça Julian Casablancas.

La soirée se perd un peu et direction le Wagner’s Hall pour voir DMA’s. Dave Rowntre dit d’eux qu’ils ont la créativité d’Arctic Monkeys et l’allure d’Oasis, ce qui est sûr c’est qu’ils diviseront notre petit groupe. Pour ma part j’y ai vu une sympathique pop chambreuse, une peu 90’s, reprenant certains codes de celles-ci, mais n’oubliant pas de transmettre une jolie énergie. Pour d’autres, il ne s’agit que d’une faible copie d’Oasis, voire une entourloupe vestimentaire à la Genesis, époque 1991. Bref, on sera pas d’accord. Trente minutes plus tard arrive une gamine de 21 ans de North London qui, elle, mettra tout le monde d’accord. Flow incroyable, énergie démente, assurance sans limite, Little Simz  (article ici) est une de révélations Hip-Hop de cette année. Elle nous prendra une demi-heure de notre temps, mais on lui en aurait laissé beaucoup plus.

Little Simz / The Great Escape / Tous droits réservés
Little Simz / The Great Escape / Tous droits réservés

On reste ensuite pour un des buzz de ce début 2015, les anglais de Slaves. Un duo improbable, censé redonner une forme d’énergie un peu crazy à la musique anglaise. Perso, j’ai juste pas compris, je suis parti après 10mn. Si quelqu’un veut m’aiguiller, je suis preneur. On finira par passer jeter un œil à Ngod (pas mal) et à Say Yes Dog (intéressant), à la cave du Sticky Mike, avant de remonter boire des coups, des Heisenbergs bleus, évidemment.

Pour d’autres images, instagram Le Billet ou Ray’s Music