Le caractère d’un homme se forge durant l’enfance. L’environnement familial et les agissements parentaux sont des aspects qui engendrent le développement de l’enfant. Parfois, il y a des exceptions. Avec The Childhood of a Leader, nous sommes confrontés à la deuxième hypothèse…

Librement inspiré de la nouvelle du même titre de Jean-Paul Sartre, parue en 1939, The Childhood of a Leader suit un jeune américain grandissant en France à la fin de la Première Guerre mondiale. Sous les regards autoritaires de sa mère (Bérénice Bejo) et de son père (Liam Cunningham) – Secrétaire pour le Président Wilson -, l’enfant met à rude épreuve l’autorité de ses parents. Enfant turbulent et vicieux, le jeune garçon est la terreur personnifiée. Poussant à bout sa mère, son père ne sait que faire face au caractère complexe de son fils. Un malaise s’installe entre la mère et le fils – le père étant trop souvent absent à cause de son travail – et le climat devient intenable pour la pauvre maman. Tentant par tous les moyens de stopper l’hémorragie, la mère s’appuie sur une jeune fille (Stacy Martin) qui lui apprend la langue de Molière ou une femme de ménage (Yolande Moreau) pour canaliser le garçon.

Bérénice Bejo - ©Asac - Photo crédits : Agatha A. Nitecka - Image droits réservés
Bérénice Bejo – ©Asac – Photo crédits : Agatha A. Nitecka – Image droits réservés

Comme son nom l’indique, The Childhood of a Leader porte une attention toute particulière sur les aventures du môme. Son entourage perd patience devant l’agressivité de cet être au visage innocent qui causera un chaos pas possible. L’enfant terrible va causer un drame familial d’une froide cruauté. Froid, c’est le terme qui convient à l’oeuvre de Brady Corbet. De par son traitement, l’ambiance hivernale et sa photographie, l’acteur, passé réalisateur, capte le spectateur par ce traitement délicieusement froid et mesquin.

Malgré le qualité du traitement, la structure du récit laisse à désirer. S’inspirant librement de l’oeuvre de Sartre, Corbet nous perd dans l’évolution de l’histoire. Certes, nous situons les personnages, mais pas totalement. Entre la relation ambigüe de la mère et d’un ami au père – incarné par Robert Pattinson, un supposé journaliste – et les supposés adultères du père, nous sommes face à un dilemme . Les questions s’accumulent au fil que le film défile pour se terminer sur une réflexion interminable, que nous allons ne pas dévoiler, bien sûr.

Entre ces stars que sont Robert Pattinson, Bérénice Bejo ou Liam Cunningham, le jeune Tom Sweet fait étalage de toute sa fouge pour camper le jeune protagoniste. Agressif – tout comme la musique qui accompagne le film – et tyrannique, Tom Sweet (seulement 10 ans) déballe une performance de grande envergure pour, quasiment, porter le film sur ses frêles épaules.

Certes, The Childhood of a Leader ne fait pas l’unanimité, mais le traitement effectué par Brady Corbet ne laisse pas indifférent. Difficile de cerner un film qui vous pousse dans vos derniers retranchements, presque une prouesse.

Extrait :

Fiche technique :

Réalisé par : Brady Corbet
Date de sortie : –
Durée : 1h53min
Genre : Drame
Scénario : Brady Corbet, Mona Fastvold
Photographie : Lol Crawley
Musique : Scott Walker

Casting :

Tom Sweet
Robert Pattinson
Bérénice Bejo
Liam Cunningham
Yolande Moreau
Stacy Martin

REVIEW OVERVIEW
Note :
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Journaliste culturel. Ex Italic Magazine et ravagé de l'écran.