Et si les N.W.A seraient originaires d’un petit village agricole du Canada…

Bref,

Le groupe de rap le plus dangereux du monde. On ne lésine pas sur les mots quand on parle de l’un des groupes les plus légendaires du gangsta rap. Composé de Ice Cube (O’Shea Jackson Jr.), Eazy-E (Jason Mitchell), Dr. Dre (Corey Hawkins), DJ Yella (Neil Brown Jr.) et MC Ren (Aldis Hodge), les membres de N.W.A viennent d’un endroit chaud nommé : Compton. Issus de la rue, les jeunes gens vont déclencher un mouvement de rébellion par des textes engagés. Mais le groupe de rappeur de N.W.A ne va pas être du goût de tout le monde, surtout des autorités.

Comme arme : la musique. Loin de rentrer dans le jeu des gangs environnants, les N.W.A vont mettre toute leur frustration dans ce qui va être un appel à la dangerosité des banlieues d’Amérique, un appel contre l’abus des autorités. Un récit coup de poing qui vous berce dans une histoire qui a forgé le caractère et l’âme d’un groupe légendaire.

En 1987, nous retrouvons un véritable « champ de bataille » dans les banlieues de Los Angeles. Pauvreté. Dealers. Agressivité policière. C’est ces ingrédients qui définissent la vie exécrable de nos protagonistes. Dès le début, nous sommes confrontés à la loi des rues de LA. Entre des chantages de gangsters – une scène se passant dans un bus scolaire est particulièrement criante de cette emprise qu’ont les gangsters sur la communauté – et des interventions policières de plus en plus musclées, le groupe de rap N.W.A prendra forme dans cette ambiance tumultueuse, loin du feu des projecteurs qui leurs sont promis dans un futur proche.

Produit par Ice Cube, Dre, et la veuve de Eazy-E, le récit se focalise en grande partie sur la création du groupe, les personnages, l’ascension sociale et les clashs dans le groupe. Avant tout, nous découvrons comment s’est formé le noyau dur de N.W.A ainsi que les mécanismes du collectif. Eric « Eazy-E » Wright – extraordinaire Jason Mitchell – le financier et boss du groupe, Dre – Corey Hawkins au top – le cerveau des beats et Cube – O’Shea Jackson Jr. y est charismatique comme son père – le parolier, la voix de la révolte. Là, nous découvrons l’âme d’un groupe qui provoquera l’adoration de millions de fans…et des débordements.

Les N.W.A face à l'abus des autorités - Image droits réservés
Les N.W.A face à l’abus des autorités – Image droits réservés

Sous la houlette de F. Gary Gray, nous retrouvons une trame semblable à celle de Selma. Une tension raciale forte, voire opprimante, qui démontre que N.W.A – Straight Outta Compton est bien plus qu’un simple biopic musical. Cette brutalité significative du malaise entre ces banlieues chaudes et les autorités, va permettre à Cube de canaliser toute sa rage sur ses textes et montrer à la face du monde le quotidien d’un gamin qui grandit dans cet enfer urbain. Par exemple, « Fuck Tha Police » est le résultat d’une fouille violente des membres du groupe devant le studio d’enregistrement où il bossait. Proche d’exploser face à cette injustice, Cube va écrire l’un des plus gros succès de la bande…

Plus de 140 minutes – sans qu’on s’en aperçoive – qui vont nous plonger dans une histoire profonde. Des jeunes projetés dans l’industrie du spectacle qui, bien entendu, verront des personnes nocives graviter autour du collectif. Entre le manager Jerry Heller, interprété par l’excellent Paul Giamatti, et Suge Knight (R. Marcus Taylor), les tensions naitront. Des parasites qui feront office d’élément détonateur pour provoquer la dissolution et l’ambiance électrique entre les membres du N.W.A. Nous noterons les passages brefs de grands noms de la scène hip-hop. Nous pouvons apercevoir 2Pac – Marcc Rose et son étrange ressemblance avec le « Pac » – et Snoop Dogg, campé par le prometteur Lakeith Lee Stanfield (Short Term 12).

Le charismatique Paul Giamatti en Jerry Heller - Image droits réservés
Le charismatique Paul Giamatti en Jerry Heller – Image droits réservés

N.W.A – Straight Outta Compton est un biopic musical énergique et parfaitement réalisé, mais le traitement peut paraître simpliste. Si nous prenons l’excellent Love & Mercy, biopic sur la vie de Brian Wilson des Beach Boys, nous abordons le film dans une approche plus personnelle. Tandis qu’avec l’approche de F. Gary Gray, le traitement est plus survolé et moins approfondi que celui du réalisateur de Love & Mercy, Bill Pohlad. Le seul hic à déplorer.



Un récit extrêmement divertissant, qui percute par cette cadence folle rythmée par le répertoire des N.W.A. En fin de compte, un biopic classique, certes, mais avec des questions fondamentales sur les droits civiques. Un récit exécuté vaillamment, une belle surprise!

Bande-annonce :





Fiche technique :

Réalisé par : F. Gray Gray
Date de sortie : 16 septembre 2015
Genre : Biopic, Drame
Durée : 2h27min
Nationalité : Américain
Scénario : S. Leigh Savidge, Alan Wenkus, Andrea Berloff
Photographie : Matthew Libatique

Casting :

Jason Mitchell
O’Shea Jackson Jr.
Corey Hawkins
Neil Brown Jr. 
Aldis Hodge
Marlon Yates Jr. 
R. Marcus Taylor 
Paul Giamatti
Lakeith Lee Stanfield
Marrc Rose