Locarno 2014 : Jour 2

Nous rentrons dans le vif du sujet avec des courts-métrages et des films la journée entière.

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Voici ce qui était notre programme de la journée.

Pardi di domani : Thirst (Court-métrage)
Rachel McDonald – 2014 – Etats-Unis
Vu et rédigé par Sven Papaux

Nous voilà dans la peau de Billy, un type qui voit sa vie prendre une mauvaise tournure. Un soir, il se rend dans un bar et hérite d’un job de barmaid. Derrière son comptoir, l’homme va faire la rencontre de plusieurs personnages étranges.
Un magnifique court-métrage qui dépeint l’existence d’un homme perdu. Billy va trouver grâce à ces rencontres la force de se reprendre en main.
Ce court-métrage met en exergue tout le talent de Rachel McDonald. Une oeuvre qui a pour mot d’ordre : « ma vie n’avait aucun sens jusqu’à ce que j’aide les autres. » Un gros coup de coeur pour mon premier court-métrage du festival. Même si des clichés entachent l’oeuvre de l’américaine.

Pardi di domani : Helix Aspersa (Court-métrage)
Grégoire Graesslin – 2014 – France
Vu et rédigé par Sven Papaux

Bien malin celui qui pense avoir décodé l’histoire que Grégoire Graesslin a concocté. Un scénario étrange qui trouve une connexion avec des escargots par-ci par-là. Troublant, ce court-métrage m’a paru vide et plat.
Tout débute dans une forêt en compagnie d’un père et ses deux filles. Partis pour chercher des petits trésors délaissés par des personnes, le paternel se résout à laisser dans la voiture une de ses filles qui, semble-t-il, a décidé de faire sa crise d’adolescence. N’étant plus que deux, une des filles rencontre un garçon arrivé de nulle part, les deux ados vont s’adonner à une séance de bisous. En même temps, le père va faire découvrir une femme, prise en otage dans le coffre d’une voiture.
Un court-métrage décevant qui ne va pas faire une grande publicité au réalisateur français.

Pardi di domani : Shipwreck (Court-métrage)
Morgan Knibbe – 2014 – Pays-Bas
Vu et rédigé par Sven Papaux

Morgan Knibbe a décidé de traiter des voyages clandestins. Le hollandais débute magistralement avec un les chuchotements d’un clandestin qui nous expliquent son périple en mer. Mettant en scène, la douleur et la tristesse des personnages (presque trop), le cinéaste va réussir un très joli court-métrage grâce à un magnifique sens de la mise en scène.

Pardi di domani : An Hun Qu (Requiem) (Court-métrage)
Wen Mu Ye – 2014 – Chine
Vu et rédigé par Sven Papaux

Ce court-métrage mise sur un esthétisme sans faille. Wen Mu Ye cartonne avec des plans majestueux. Même si l’histoire est un peu spéciale, le gros point fort se trouve dans cette beauté visuelle qui envoûte le spectateur. L’histoire en devient même secondaire. un seul mot : « splendide ».

Pardi di domani : Lystopad (Fallen Leaves) (Court-métrage)
Masha Kondakova – 2014 – Ukraine
Vu et rédigé par Sven Papaux

Inviter un énergumène chez soi. C’est un peu l’histoire que propose Masha Kondakova. Un étrange personnage qui se trouve être un meurtrier. Pas très brillant, la réalisatrice se fait l’auteure d’un court-métrage peu fascinant et même ennuyeux avec une fin bâchée. Sans compter une traduction en anglais scandaleuse.

Concorso Cineasti del presente : Exit
Chienn Hsiang – 2014 – Taiwan, Hong-Kong
Vu et rédigé par Mark Kuzmanic

Exit, ou la vie d’une quarantenaire esseulée au bord de la ménopause. Une histoire racontée avec un réalisme des plus assidus, dignes des romans de Flaubert ou de Balzac (l’histoire n’est pas au niveau de ces deux géants de la littérature. Navré). On s’immisce dans la vie de cette dame en grande partie grâce à la caméra, avec souvent des plans « cachés ». À savoir filmés derrière une boite en carton, une étagère, une porte, le balcon d’en face. Comme si on faisait intrusion dans sa vie.

En parlant de la caméra, elle n’est jamais stable. Les vibrations et ondulations donnent un effet monotone, si vous n’avez pas le mal de mer.

Une protagoniste dépassée par les événements, avec des dialogues minimes, pour refléter qu’elle n’a personne à qui parler dans sa vie. Elle cherche désespérément quelque chose ou quelqu’un pour la sortir de sa monotonie, et de son isolation émotionnelle.

Les scènes saccadées ne laissent pas s’installer de la dynamique. Peut-être pour accentuer l’effet de monotonie. Mais cela le rendit soporifique et pénible pour le spectateur, avec comme final cinq minutes d’acharnement et de pleurs devant une porte qui ne daigne de s’ouvrir. Décevant.

Concorso internazionale : La Princesa de Francia
Matías Piñeiro – 2014 – Argentine
Vu et rédigé par Mark Kuzmanic

Article complet à lire ici.

Concorso Cineasti del presente : Frère et soeur
Daniel Touati – 2014 – France
Vu et rédigé par Sven Papaux

Mené par une petite fille et un petit garçon, Daniel Touati mise sur deux enfants. Frère et soeur  est un film qui touche par sa subtilité enfantine. Même si l’oeuvre du cinéaste n’atteint pas des sommets, le côté enfantin transmet une innocence non-négligeable. Passant du rire aux prises de bec (classiques) entre frère et soeur. Sympathique mais pas assez prenant, le film se laisse voir sans problème mais sans plus.

Dancing Arabs
Eran Riklis – 2014 – Israël, France, Allemagne
Vu et rédigé par Sven Papaux

Projeté sur la Piazza Grande, Dancing Arabs colle parfaitement avec la situation actuelle. Nous suivons une jeune palestinien (Eyad) qui réussit à intégrer un prestigieux lycée à Jerusalem. Le jeune homme va se retrouver confronter à un problème de taille : le conflit israélo-palestinien. L’enchaînement des événements va donner lieu à une rencontre. Le jeune homme va tomber amoureux d’une juive. Un dilemme qui va changer sa vie à jamais.
Eran Riklis traite d’un sujet sensible. C’est là que se trouve la beauté de son film. Sobre et émouvant, Dancing Arabs est un film qui mérite l’intérêt du public.

Fuori concorso : Creep
Patrick Brice – 2014 – Etats-Unis
Vu et rédigé par Mark Kuzmanic

Un mélange habile de comédie et de thriller, Creep, le premier long-métrage de Patrick Brice, est un tour-de-force.

Un homme répond à une offre postée sur internet, grassement rémunérée pour un travail qui semble basique. La rencontre avec l’homme ayant posté l’offre et la dynamique qui s’installe entre les deux déclenche une suite d’événements ahurissants.

Filmé constamment la caméra à la main, le film crée un environnement qui joue sur le bagage du spectateur. On s’attend constamment à un dénouement qui est repoussé de scène en scène, au point de se demander si il va au final se produire. Tout cela laissa de nombreuses fois l’intégralité de la salle sur le rebord de leur siège.

Des plans recherchés, en accord avec le thème de chaque scène, il y a un moment où la salle passe cinq minutes à regarder un écran noir pendant qu’un de nos protagonistes raconte une histoire sordide.

Des hauts et des bas en émotion et en ingéniosité, le film joue aux montagnes russes avec nos émotions. Et c’est génial.

A Hitman’s Solitude Before the Shot
Florian Mischa Böder – 2014 – Allemagne
Vu et rédigé par Sven Papaux

L’histoire du très ambitieux Koralnik qui est une sorte d’agent secret/tueur à gages pour un programme secret de l’Union européenne, est peut-être un film qui se rapproche d’une oeuvre telle que OSS 117 en beaucoup moins drôle et subtile. Lassé par le manque de missions qui lui sont confiées, Koralnik va voir sa vie chamboulée par sa rencontre avec Rosa. Une petite escroc qui va lui causer certains soucis.
Un long-métrage drôle mais sans réellement nous faire rire aux éclats. Déçu par le scénario et la mise en scène, le film allemand peut compter sur son acteur principal : Benno Fürman qui, avec son petit air de Mads Mikkelsen, réalise une performance de choix.

Voilà, une journée chargée qui en laisse présager d’autres.

Demain (enfin, aujourd’hui), nous attaquons nos premiers interviews. À plus tard!