Philip est un écrivain, il attend la sortie de son second roman dont le succès est assuré. Oppressé par le monde et sa ville d’adoption, sa relation qui vire au cauchemar avec Ashley, sa petite amie photographe ainsi que l’indifférence dont il fait preuve pour la promotion de son roman. Un jour, il rencontre son idole : Ike Zimmerman. Ike lui propose de se vider la tête dans sa résidence secondaire isolée du monde. Là-bas, Philip retrouve la paix et le calme pour pouvoir se concentrer sur lui-même.

Vous avez aimé Dr. House ? Vous allez adorer « Listen Up Philip » avec pour différence que c’est un écrivain et non un médecin. Philip (Schwartzman) est irrité par le manque de ponctualité, par la foule, par le bruit. Bref, Philip est un être grincheux qui éprouve un mal fou avec ses relations. Mettant souvent la faute sur son conjoint, Philip fait preuve d’un narcissisme détestable. Oui, mais c’est la force de son personnage. On aime le détester.

La performance de Jason Schwartzman est tout bonnement géniale. L’acteur crève l’écran avec son air méprisant. La prétention de son personnage transpire à grosses gouttes et occulte un réel problème affectif. Notons que sa petite amie Ashley (Moss) lui donne du fil à retordre. Même si le film s’intéresse d’un peu trop près à la vie d’Ashley (une bonne partie est à jeter à la poubelle), le personnage intrigue par son flegme. Elisabeth Moss remplit avec brio le rôle. Ajoutons que le casting est parfaitement calibré, chaque personnage s’introduit dans l’histoire et ajoute un petit grain de sel pour pimenter le récit.

Plus comique que dramatique, « Listen Up Philip » pêche dans un domaine. C’est peut-être la grosse traversée du désert vers la moitié du film. Alex Ross Perry attache une importance notoire pour des plans, parfois, très longs et inutiles. Mais grâce à l’antipathie de Philip, l’histoire n’en pâtit pas trop.

Une comédie immorale et dramatique qui met en valeur la performance de Schwartzman qui voit son art littéraire lui pourrir la vie. Un isolement qui va commencer à lui peser et son caractère nombriliste provoquera sa perte. Alex Ross Perry le montre avec finesse sans pour autant réaliser le film de l’année.

L’avis de Mark :

Philip est un personnage qui brûle tout sur son passage. Le film dégage une aura de « Finding Forrester » abrasif et antisocial, avec un personnage principal me paraissant un croisement entre le Docteur Gregory House et l’écrivain Hank Moody de « Californication ». En somme, une personnage splendide pour la caméra et le film.

Indéniablement une performance majestueuse de la part de Jason Schwartzman dans le rôle de l’écrivain Philip, égocentrique et cynique, le film me déçoit néanmoins. Philip est limite sociopathe et préfère s’entourer de peu de personnes. Il préfère les gens brutalement honnêtes pour ne pas gaspiller son temps. Il fait la rencontre de Ike Zimmerman, une pointure de la littérature américaine des années 70 et 80, qui voit en Philip une jeune version de soi-même.

C’est là que le bât blesse. Je voyais le film partir dans une direction de pèlerinage littéraire entre Ike et Philip. Il se perd au contraire durant une demie heure dans la vie d’Ashley, la petite-amie de Philip, et dans ses interactions avec Melanie, la fille de Ike, et Yvette, un professeur d’université.

Parfois déviant sérieusement du droit chemin, le film n’a pas réussi à m’impressionner autant qu’on l’annonçait.

Avis : 3,5/5

Bande-annonce

Fiche technique

Réalisé par : Alex Ross Perry
Date de sortie : prochainement
Durée : 1h48min
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Américain

Casting

Jason Schwartzman
Elisabeth Moss
Krysten Ritter
Jess Weixler
Jonathan Pryce
Joséphine de la Baume