Un gros nuage sur la Suisse qui menace d’éclater. Effrayant et inexplicable, ce nuage pousse la population dans un chaos pas possible. Nous découvrons plusieurs personnages différents, qui symboliseront les réactions des Suisses face à cette tempête annoncée. Un lien est né, et tout le monde se retrouve confronté à ses peurs.

Le synopsis intrigue. L’effet catastrophe naturelle nous pousse à réfléchir sur l’approche des dix réalisateurs à la tête de ce projet. Heimatland est une sorte de caricature de la Suisse, avec ces clichés répétitifs qui ressortent fréquemment ces dernières années. Avec cette courte description, disons que le nuage géant représente la tempête de la honte pour les citoyens à croix blanche.

Pour vivre cette catastrophe naturelle, nous suivons plusieurs personnages. Du chauffeur de taxi au gérant d‘un supermarché, Heimatland propose des réactions contrastées à travers ces protagonistes. Réactions excessives, élan patriotique, occasion rêvée de fêter la fin du monde. Les différents tempéraments et comportements font du film, un vaste récit qui englobe une ribambelle de personnes qu’on peine à suivre.

Ce couple symbolise l'un des seuls aspects intéressants du film - Image droits réservés - Locarno 2015
Ce couple symbolise l’un des seuls aspects intéressants du film – Image droits réservés – Locarno 2015

Au-delà de l’aspect politique et cet humour assumé, les nombreuses histoires liées aux personnages sont trop peu approfondies. Certes, c’est surtout la réaction générale de la population qui intéresse, mais de voir défiler des protagonistes aussi rapidement sans vraiment comprendre l’apport réel du personnage, a tendance à irriter. Si certains sont plus intéressants que d’autres – le gérant du magasin, la gendarme ou le couple de fêtards – le mélange des ces innombrables personnages freine le bon déroulement du récit.

Annoncé comme le buzz ici à Locarno, Heimatland ne soulève rien d’extraordinaire, si ce n’est l’indifférence. La matière et le plot intriguait, mais malheureusement, Nos dix cinéastes pondent une oeuvre sans relief, bourrée de clichés – totalement assumés par les cinéastes – qui ne fonctionne pas du tout, ou très partiellement. Dommage, car le développement est intéressant.

Bande-annonce :

Fiche technique :

Réalisé par : Lisa Blatter, Gregor Frei, Jan Gassmann, Benny Jaberg, Carmen Jaquier, Michael Krummenacher, Jonas Meier, Tobias Nölle, Lionel Rupp, Mike Scheiwiller
Date de sortie : –
Genre : Drame
Durée : 1h40min
Nationalité : Suisse, Allemand
Scénario : Lisa Blatter, Gregor Frei, Jan Gassmann, Benny Jaberg, Carmen Jaquier, Michael Krummenacher, Jonas Meier, Tobias Nölle, Lionel Rupp, Mike Scheiwiller
Photographie : Guy Fässler, Denis D. Lüthi, Gaetan Varone

Casting :

Peter Jecklin
Julia Glaus
Roberto Garieri
Soumeya Ferro-Luzzi
Luna Arzoni
Liana Hangartner
Viola von Scarpatetti
Issaka Sawadogo
Michèle Schaub
Morgane Ferru
Nicolas Bachmann
Gabriel Noah Maurer
Dashmir Ristemi
Florin Schmidig
Egon Betschart

REVIEW OVERVIEW
Note :
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Journaliste culturel. Ex Italic Magazine et ravagé de l'écran.