Locarno 2015 – Dom Juan

Dans cette tentative de modernisation du personnage amoral que fut Don Juan dans l’intemporelle œuvre éponyme de Molière, Vicent Macaigne fait confiance à Loïc Corbery pour endosser le rôle. C’est à mon avis un des seuls éléments sur lesquels il avait raison.

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Dom Juan, par Vincent Macaigne
Image droits réservés

Relativement fidèle à la pièce originale de Molière, intitulée Le Festin de Pierre, avec cinq actes reportés plus ou moins authentiquement dans leur fond en mettant l’accent sur quelques scènes parmi les plus connues, Dom Juan version 2015 ne vaut malheureusement pas bien plus que son titre.

Don Juan Tenorio (Loïc Corbery) est un jeune homme issu d’un milieu aisé. Séducteur, libertin, arrogant et athée, il erre dans le milieu de la nuit parisienne et dans les petites bourgades françaises. Accompagné de son serviteur Sganarelle (Serge Bagdassarian), ces derniers débattent du bien et du mal, ainsi que des mœurs de Don Juan. Lors de ses nombreuses conquêtes amoureuses, Don Juan se fait de multiples ennemis en trainant son valet dans le sillage.

Nous avons à l’écran cinq actes de débauche dans des chambres d’hôtel ou des voitures, mais aucun des thèmes provocateurs de l’œuvre de Molière, à savoir le plaisir, l’égoïsme, le matérialisme ou encore l’athéisme, ne sont explorés. En regardant ce Dom Juan, je n’ai ni compris, ni saisi le but ou le message du film. Pire, heureusement que j’avais lu la pièce de théâtre durant mes classes de français, car sans la connaissance générale de l’œuvre, ce film aurait été, je l’imagine, une perte quasi-totale pour le spectateur.

En effet, mis-à-part quelques scènes visuellement très belles, dont celle utilisée en photo ci-dessus absolument magistrale, la majorité de la salle se vida de son public bien avant que Dom Juan n’arrive à quoi que ce soit de digne d’intérêt.

Le début est une overdose d’érotisme, mais jamais pornographique, sans but, sans explication des personnages, sans évolution ni rythme. Pour accentuer l’effet, l’utilisation de la musique de l’opéra de Mozart, Don Giovanni, fut évidemment une bonne idée. Mais de l’entendre pour la 4ème ou 5ème fois la fait passer dans l’excès.

Absurdement long pour ce qu’il est et manquant tout le raffinement ainsi que la portée d’un des chefs-d’ œuvre de la langue française, à part les prestations de Corbery et Bagdassarian, Dom Juan mérite difficilement un avis neutre.

C’est presque pire qu’un mauvais film. C’est un viol figuré de Molière dans une de ces tournantes dont le protagoniste de Vincent Macaigne semble si friand.

Noté : 2 / 5

Bande-Annonce

Indisponible

Casting

Loïc Corbery
Serge Bagdassarian
Suliane Brahim
Alain Lenglet
Julie Sicard
Gérard Giroudon
Jérémy Lopez
Clément Hervieu-Léger
Gilles David

Détails

Date de sortie en Suisse: Inconnu
Réalisateur: Vincent Macaigne
Pays de production: France
Durée du film: 108 minutes
Genre: Drame

(Images droits réservés)

REVIEW OVERVIEW
Noté
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J’ai obtenu en septembre 2013 mon Master de HEC Lausanne et je m'occupe ainsi de la majorité de l'aspect commercial et partenariats du webzine. C’est avec enthousiasme que j’ai rejoint David, Hervé et Sven en mai 2014 pour créer Le Billet, et je me réjouis d'y contribuer dans la durée!