Bloodline

We're not bad people, but we did a bad thing...

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Bloodline - Image droits réservés - cltampa.com

Des décors paradisiaques et une ambiance de vacances. Au milieu de tout cela, une ambiance familiale aux apparences joyeuses, mais seulement en apparence. L’étau familial se referme petit à petit pour nous dévoiler une entente pas si rose, où la discorde de la tribu Rayburn est bien plus profonde qu’on ne le croit…

Avec Bloodline, Netflix déballe la série de ce début d’année, à commencer par le générique de départ! Bercé par le morceau de Book of Fears, le ciel débute bleu azur, vire au gris, menace, s’éclaircit et termine dans la nuit la plus totale. Métaphoriquement, nous pouvons considérer cette ouverture comme un astucieux développement de la série. Tout comme l’affiche officielle du show, où nous y voyons une fratrie de quatre où l’un des quatre projette son regard au loin, dans la direction opposée de sa soeur et de son frère, tandis que l’un d’eux baisse le regard. L’image est parlante, voire criante.

La "fameuse" affiche officielle - Image droits réservés
La « fameuse » affiche officielle – Image droits réservés

Si je m’attarde sur ces détails, c’est parce que Bloodline développe une atmosphère mystérieuse et tendue, truffée de petits détails. Rarement un scénario ne fut si bien pensé. Créée par Todd A. Kessler, Glenn Kessler et Daniel Zelman, Bloodline dépeint une noirceur qui contraste avec l’environnement idyllique dont lequel végète la famille Rayburn. Extraordinaire dans son récit, la faculté des créateurs de Damages se trouve dans cette ambition de poser chaque personnage avec leurs secrets bien enfouis. Là, le mystère demeure.

Pour décortiquer un peu mieux, les Rayburn sont des hôteliers respectés. Derrière des parents dévoués à leur hôtel, Danny, John, Meg et Kevin complètent la famille. C’est l’aîné, Danny, qui va mettre le feu aux poudres. Parti prendre le large pour cause de divergence familiale, Danny revient déclencher une « guerre » familiale. Look crasseux, dégaine de toxicomane, l’homme ressent un rejet auprès de ses frères et de sa soeur. Cherchant à remettre les choses en place, les souvenirs remonteront à la surface et plongeront la tribu dans un cauchemar éveillé.

Le père, Robert (Sam Shepard), traîne la perte de sa fille, Sarah. Marqué à vie par ce drame, Robert tient Danny pour responsable. Remonté face à l’aîné de la fratrie, le père laissera même sa peau dans le combat émotionnel. De là, Danny tentera un retour aux sources, mais en vain. Les mensonges pleuvent, la tristesse s’empare du cercle familial et frappe de plein fouet, Sally, la pauvre mère désemparée. Mais Sally décide de redonner une chance à son fils aîné. Grave erreur! Face au piètre salaire qu’il touche, ce dernier décide d’instaurer un trafic de drogue via l’hôtel. Malin dans sa démarche, la petite supercherie marchera un bon moment, rapportera gros, mais la justice rattrapera Danny. Du côté de la justice, John, le second fils, se trouve pris entre son devoir de policier ou l’amour qu’il porte à son frère. Un dilemme qui le perdra…

Entre les deux frères, on retrouve Meg (Linda Cardellini) et Kevin (Norbert Leo Butz). La première se démène comme elle peut avec son job d’avocate et son mariage imminent, et Kevin tente de garder sa marina à flot. Peut-être moins intéressant dans l’histoire, l’apport de ces deux personnages semble primordial pour le développement du scénario. Meg, qui n’est pas exempte de tout reproche, semble être une fille brillante mais très passive. Fiancée avec l’équipier de John, Marco (Enrique Murciano), Meg ne supportera pas la pression et commettra des erreurs, comme le reste de sa famille. Kevin, lui, tente de sauver son mariage et son lieu de travail, mais sa fragilité et son manque de maturité, par moments, lui causent de graves problèmes. Grâce à sa bonne étoile, le cadet de la famille réussit retomber sur ses pattes, fort heureusement.

Des personnages passionnants à suivre dont les interprétations sont quasi parfaites. On commencera par l’incroyable performance de Ben Mendelsohn. L’Australien tient une part prépondérante dans le bon fonctionnement de la série. Captivant dans l’approche qu’il propose pour son personnage, on reste bouche bée face à une telle prestation. Ajoutons à cela Kyle Chandler, l’acteur américain tissant sa toile au fur et à mesure du show, qui « écrase » de tout son être les deux derniers épisodes. Epoustouflant dans le dernier épisode, Chandler supplante son collègue, Mendelsohn, pour clôturer, en apothéose, une série tant morbide que surprenante.

Nous pouvons complimenter le casting dans son ensemble, mais le crédit vient surtout de ces deux incroyables acteurs. Rien que par leurs performances, les secrets semblent si lourds que notre salive en devient difficile à ravaler. Les regards vides, la tristesse scintille, les mensonges deviennent lourds, nous entrons dans une débâcle familiale rendant la plage et le sable fin presque austères.

Les créateurs de Damages nous époustouflent durant treize épisodes mystérieux, sublimes. Bloodline rend (presque) accro, une pure merveille du genre.

Casting : Kyle Chandler, Ben Mendelsohn, Norbert Leo Butz, Sam Shepard, Linda Cardellini, Enrique Murciano, Sissy Spacek, Jamie McShane, Chloë Sevigny

Genre : Drame
Chaîne : Netflix
Création : Todd A. Kessler, Glenn Kessler et Daniel Zelman
Nationalité : Américain

 

Bande-annonce :