Avec Vergine giurata, Laura Bispuri s’intéresse au trouble de l’identité, accentué par l’environnement familial dans lequel l’individu évolue. Une intéressante immersion dans l’existence d’une femme qui, bercé dans un machisme masculin évident, tente de faire sa place en se glissant dans la peau d’un homme pour éviter les coutumes réservées aux femmes.

Mené par la très talentueuse Alba Rohrwacher, récompensée à Venise pour sa performance dans Hungry Hearts, la jeune femme tient les reines d’un film dur, dont la réalisation très sobre tape dans le mille. Le sujet est amené avec simplicité, sans en faire des tonnes, avec une sensibilité « au naturel ». Rappelant la mise en scène de Hunter der Haut, aperçu à Soleure, Vergine giurata profite d’une lumière sombre, immergé dans un village albanais reculé où l’ambiance froide est rugueuse est palpable.

La sobriété de la mise en scène dont Laura Bispuri fait oeuvre, laisse une marge de manoeuvre à Rohrwacher qui l’exploite très intelligemment. Le faciès fermé, la poitrine rentrée, la comédienne laisse transparaître une image déconfite jusqu’à son arrivée à Milan. Là, Mark va pouvoir redevenir Ana, la jeune fille qu’elle était avant de se décider de devenir homme. La tentation sexuelle, l’envie de devenir féminine, des motifs qui poussent Ana à recouvrir, surtout avoir la possibilité, de se sentir femme sous l’impulsion de sa soeur.

Très intéressant, poignant, Vergin giurata est maîtrisé, laissant une impression très positive. La performance de Rohrwacher n’est pas anodine à ce bon résultat, l’italienne délivre une prestation intense. Beau travail auquel nous pouvons ajouter la présence de la Suisse parmi la production du film.

Bande-annonce :

 

Fiche technique :

Réalisé par : Laura Bispuri
Date de sortie : prochainement
Durée : 1h30min
Genre : Drame
Nationalité : Italien, albanais, suisse, allemand

Casting :

Alba Rohrwacher
Flonja Kodheli
Lars Eidinger
Luan Jaha
Emily Ferratello