« Alors, est-ce que tu es sage ? » – La fille

Aussi splendide qu’épatant, « A girl walks home alone at night » est une gemme dont la découverte apporte de la fraîcheur et un fort sentiment de contentement. Au croisement de différents genres cinématographiques, « A girl walks home alone at night » est une mixture entre films classiques de vampires, de westerns old-school et de comédies romantiques à la John Hughes, le tout se déroulant dans un univers macabre et excentrique, rappelant parfois Frank Miller, dont l’atmosphère électrique nous tient captifs tout au long du film (et plus longtemps encore).

Visuellement incroyable, Ana Lily Amirpour maîtrise son œuvre de A à Z. De la prise de plans au jeux de lumières, en passant par des montages au ralenti, des néons qui vacillent et des coupures nettes, le film est doté d’un caractère autant poétique que mythique et parvient à nous scotcher grâce à une bande son parfaite et ensorcelante. La musique joue un rôle prépondérant dans le film, me faisant penser facilement à « Drive » de Nicolas Winding Refn, tout comme le jeu de lumière renvoyant habilement tantôt une atmosphère effrayante ou stressante, tantôt érotique ou touchante.

On ressort de ce film en étant certain d’avoir vu un un classique d’antan, avec un protagoniste masculin, Arash, qui nous rappelle instantanément une version iranienne de James Dean, avec son t-shirt blanc et sa veste en cuire. L’intrigue de vieux western dans laquelle nous sommes plongés, où les personnages jouent des rôles bons ou mauvais et où la femme vampire prend le rôle de vigilante (appellation anglaise) de la ville fantôme Bad City, rajoute un charme incontestable au film – seule la chanson « Death » de White Lies laisse transparaître le caractère récent du métrage.

A travers son œuvre, Ana Lily Amirpour gagne le statut de génie et de newcomer qu’il faut définitivement suivre pour sa réalisation osée et très smart, elle n’a pas fini de nous surprendre. Tous les détails sont réfléchis (je pense notamment à une des scènes où la fille se balade sur son skateboard et dont la prise de vue fait croire qu’elle vole, renforçant le côté fantastique du métrage), de la personnalité autant effrayante que maladroite qu’à notre femme vampire à la touche presque innocente qui caractérise sa relation avec Arash : le résultat en vaut vraiment la chandelle – il faut l’avouer, voire une jeune vampire iranienne harponner les rues de Bad City en baskets sur son skateboard, la cape au vent, à l’affut de rebut d’hommes à dévorer: que demander de plus ?

Sur ce, je m’en vais acheter un skateboard et une cape.

Bande annonce:

Fiche technique:

Réalisé par: Ana Lily Amirpour
Date de sortie : 1er avril 2015
Durée : 1h39
Genre : horreur, fantastique, western, comédie romantique
Nationalité : Iranien
Casting:
Sheila Vand
Arash Marandi
Marshall Manesh
Mozhan Marnò
Dominic Rains
Rome Shadanloo
Milad Eghbali

REVIEW OVERVIEW
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