Valérian et la Cité des milles planètes : Un space opera divertissant

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Valérian et la Cité des milles planètes @ EuropaCorp - Images tous droits réservés

Valérian et la Cité des milles planètes, le dernier film de Luc Besson, sortait ce mercredi 26 juillet en Suisse Romande. Il signe le retour du réalisateur français au genre du space opera après Le Cinquième Elément qui fut la première collaboration avec Jean-Claude Mézières, dessinateur de la bande-dessinée Valérian et Laureline que Luc Besson adapte ici.

Valérian et la Cité des milles planètes @ EuropaCorp – Images tous droits réservés

La poésie et l’innocence des Pearls sur fond d’Apocalypse

Les spectateurs seront charmés par la magnifique introduction du film qui revient sur plusieurs siècles d’avancées en matière d’astronomie et de diplomatie entre les populations de diverses planètes au sein d’Alpha. Nous sommes ensuite transportés par la beauté d’une planète inconnue habitée par des extraterrestres qui vivent dans un cadre idyllique à proximité d’une plage et qui recueillent des perles. Nous faisons plus ample connaissance avec l’une de ces habitantes, la Princesse Lihö-Minaa, qui assiste, impuissante, à la destruction de sa planète. Seuls quelques représentants de leur espèce survivront. Nous retrouvons ici une thématique chère au réalisateur français qui est celle d’une jeune femme, témoin de la disparition d’êtres chers. C’est un motif que l’on retrouve notamment dans les films Léon et Jeanne d’Arc. Les Pearls symbolisent la poésie et l’innocence perdue. Certaines critiques ont comparé ces derniers aux personnages centraux d’Avatar de James Cameron. En effet, c’est ce film qui a convaincu Luc Besson de réaliser presque entièrement Valérian et la Cité des milles planètes sur fond vert.

Valérian et la Cité des milles planètes @ EuropaCorp – Images tous droits réservés

Valérian et Laureline, entre humour enfantin et légèreté adolescente

Si les premières minutes du film sont magistrales, la suite n’en est pas moins réussie même si elle est émaillée d’indubitables défauts. Nous rencontrons enfin les agents spatio-temporels Valérian et Laureline, campés respectivement par Dane DeHaan et Cara Delevingne, qui ont pour mission de retrouver un réplicateur vendu sur le marché noir. Une des scènes les plus intéressantes sur la planète « Big Market » est probablement celle de la réalité virtuelle dans laquelle Valérian intervient pour récupérer le réplicateur. L’action se passe, dès lors, à deux niveaux de réalité. De plus, la nature de la relation entre les deux personnages principaux n’est pas forcément claire dès le début pour le spectateur. L’on pense d’abord à un flirt entre collègues du même vaisseau avant qu’une demande de mariage vienne tomber comme un cheveu sur la soupe dans l’histoire. On peut regretter que la relation entre les deux agents spatio-temporels ne soit pas mieux amenée par Luc Besson, qui est également le scénariste du film. Néanmoins, Valérian et Laureline partagent une relation traversée par une certaine forme de légèreté et d’humour. Ces personnages sont, en effet, les principaux ressorts comiques du film, ce qui est fortement appréciable. On pense notamment à la fois où Laureline est capturée et qu’elle découvre, avec horreur, qu’elle va être mangée par le roi d’une civilisation extraterrestre. J’ai également beaucoup aimé le côté badass de Laureline, qui remet gentiment à sa place son comparse, Valérian, durant leur première mission. A cet égard, on peut saluer le fait que le réalisateur traite ces deux personnages d’égal à égal notamment dans les scènes de sauvetage. Exit donc le cliché de la demoiselle en détresse. Rappelons que Luc Besson est connu pour créer des personnages féminins forts dans ces films, comme Mathilda, Jeanne d’Arc ou encore Lucy. En outre, la performance de Dane DeHaan est sobre tandis que sa partenaire à l’écran, Cara Delevingue, illumine le film.

Valérian et la Cité des milles planètes @ EuropaCorp – Images tous droits réservés

La gigantesque Cité intergalactique d’Alpha, visuellement réussie

Les dialogues du film, et notamment ceux des deux personnages principaux, sont parfois trop convenus, voire quelque peu clichés. Quant à la trame narrative, qui est fortement liée aux personnages rencontrés sur la planète Mül, elle se perd dans la deuxième partie du film. L’histoire se passe principalement sur la Cité Alpha, qui semble abriter un danger majeur. La Cité des milles planètes, qui comprend toutes les civilisations de la galaxie, est habitée par plus de 30 millions d’habitants dont plus de 2000 espèces recensés qui partagent, dans un esprit pacifiste, leur savoir-faire. La force de Valérian et la Cité des milles planètes réside principalement dans ses visuels majestueux et ses effets-spéciaux inventifs. La fin du film offre également une réflexion sur le deuil et la force du pardon. La venue de Rihanna, qui joue le rôle d’une métamorphe bleue dans le film, Bubble, est rafraîssante même si quelque peu sous-exploitée. Elle nous dévoile ses talents de danseuse hors-pair même si l’on peut regretter que certains de ses dialogues soient aussi mielleux. Le grand méchant du film, interprété par Clive Owen, est trop manichéen et caricatural pour nous émouvoir. Le commandeur Arün Filitt fait, en effet, pâle figure à côté du célèbre personnage antagoniste de science-fiction Dark Vador (Star Wars). Alain Chabat est méconnaissable dans le rôle du pirate Bob, un personnage aussi drôle que grossier. Enfin, le personnage de Jolly, joué par Ethan Hawke, n’apporte pas grand-chose à l’histoire malheureusement.

Valérian et la Cité des milles planètes @ EuropaCorp – Images tous droits réservés

Un bon divertissement, loin des qualificatifs de « nanar » et « navet »

Les références du film au genre de la science-fiction, outre la bande-dessinée Valérian et Laureline, sont plus à chercher du côté de la mythologie de Star Wars que de questionnements existentiels qui traversent 2001 : L’Odyssée de l’espace ou Interstellar. Si Valérian et la Cité des milles planètes n’a pas la virtuosité des deux films cités, il n’en reste pas moins un bon divertissement. Il faudrait être d’une extrême mauvaise foi pour le qualifier de navet ou de nanar. Les critiques, principalement américaines, mais également françaises, ont été, à ce titre, spécialement dures avec le film français. Chaque année, le box-office regorge de blockbusters américains plus mauvais les uns que les autres. Ce sera certainement les infâmes La Momie ou Transformers : The Last Knight qui figureront parmi les navets de l’été. J’abhorre spécialement ces films sans queue d’une tête qui cachent leur manque de scénario derrière une panoplie d’actions. Ce n’est pas le cas avec Valérian.

                                                                                                                  Janett Donis

Fiche technique :

Réalisé par : Luc Besson

Date de sortie : 26 juillet 2017

Durée : 137min

Genre : Science fiction, Action

Scénario : Luc Besson, Jean-Claude Mézières, Pierre Christin

Musique : Alexandre Desplat

Distributeur suisse : Pathé Films

Casting :

Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Alain Chabat, Kris Wu, Rihanna, Ethan Hawke, Sam Spruell, Herbie Hancock, Ola Rapace, Aymeline Valade, Pauline Hoarau